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Togo : Un collectif d’avocats international veut mettre fin à l’impunité des crimes contre les citoyens

Togo : Un collectif d’avocats international veut mettre fin à l’impunité des crimes contre les citoyens

Au Togo, où l’impunité semble depuis des décennies collée à la peau du pouvoir, une nouvelle dynamique judiciaire pourrait marquer un tournant. Le Collectif des Avocats pour la Démocratie, l’État de Droit et les Droits de l’Homme a lancé, le 23 juin 2025, un appel à témoins à l’endroit des victimes et témoins de violations graves des droits humains commises au Togo depuis 2005. Objectif : constituer des dossiers solides de poursuites judiciaires auprès de juridictions internationales, notamment la Cour pénale internationale (CPI), ainsi que les tribunaux français, belges, allemands, suisses et américains.

manifestations

Ce collectif, composé d’avocats togolais et internationaux, entend mettre un terme à l’impunité des auteurs présumés de tortures, détentions arbitraires, assassinats, disparitions forcées, et autres violations systématiques qui entachent l’histoire récente du pays

Cibler les crimes majeurs depuis 2005

L’appel à témoins concerne notamment deux périodes charnières de la vie politique togolaise :

  • Les violences électorales de 2005, survenues au lendemain du décès du président Eyadéma Gnassingbé, ayant conduit à l’arrivée controversée au pouvoir de son fils, Faure Gnassingbé. Ces événements ont fait, selon diverses sources, entre 400 et 500 morts, des milliers de blessés, et des cas documentés de tortures, disparitions et arrestations arbitraires.
  • Les répressions de 2017-2018, consécutives aux manifestations populaires du 19 août 2017, qui ont secoué de nombreuses localités du pays, notamment Lomé, Bafilo, Mango, Dapaong et Sokodé. Des exactions ont alors été rapportées, incluant violences contre des manifestants, arrestations massives, tortures, et violations du droit à la libre expression.

Documents, témoignages, preuves : construire des dossiers solides

Le Collectif appelle toutes les victimes directes ou indirectes, les proches de disparus ou exécutés, les personnes torturées ou détenues arbitrairement, ainsi que les témoins et membres d’organisations de défense des droits humains, à transmettre des témoignages précis et documentés.

Les éléments recherchés incluent :

  • témoignages écrits ou vidéos,
  • photos,
  • certificats médicaux,
  • actes de décès,
  • rapports d’ONG ou d’organes de presse.

Ces preuves seront utilisées pour instruire des plaintes formelles contre des personnalités ou agents étatiques présumés responsables de ces exactions, devant des juridictions à compétence universelle. Les victimes peuvent contacter le cabinet SELARL Alexis IHOU – Avocats, basé à Roubaix (France), via l’adresse ihouavocat@gmail.com ou par téléphone au +33 7 88 43 05 10.

Des avocats expérimentés à la manœuvre

Le projet est porté par une équipe d’avocats aux profils solides, engagés dans la défense des droits humains en Afrique et dans le monde. Parmi eux :

  • Me Alexis Ihou (France),
  • Me Aissa Rahmoune (Algérie),
  • Me Kwasigan Arnaud Agba,
  • Me Ouefae Arnaud Abelli,
  • Me Victor Lima,
  • Me Boris Toble,
  • Me Raphaël Kpandé-Adzaré, figure connue du barreau togolais.

Ces juristes entendent porter la voix des victimes au-delà des frontières togolaises, en contournant l’inaction ou la complaisance du système judiciaire national.

CSAF

Un espoir pour les victimes et un signal pour les bourreaux

Depuis l’accession de Faure Gnassingbé au pouvoir en 2005, l’impunité est régulièrement dénoncée comme un mode de gouvernance. Arrestations arbitraires, violences policières, procès expéditifs, torture dans les lieux de détention, ou encore corruption à grande échelle : les plaintes ont rarement abouti devant les juridictions togolaises. Le Collectif ambitionne de briser cette spirale du silence et de la peur.

Par cette initiative, il veut également dissuader les auteurs actuels ou potentiels de violations, en leur faisant comprendre que les actes qu’ils commettent aujourd’hui peuvent avoir des conséquences demain, même au-delà des frontières togolaises.

Une justice universelle comme dernier recours

L’appel à témoins lancé par ce Collectif d’avocats s’inscrit dans une dynamique de justice internationale, qui devient parfois le seul recours pour des peuples confrontés à l’inertie ou la complicité de leur propre système judiciaire. La compétence universelle permet en effet de juger des crimes graves – crimes contre l’humanité, crimes de guerre, torture – même si les faits n’ont pas été commis sur le territoire du pays où les plaintes sont déposées.

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