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Togo : Savi de Tové et Faure Gnassingbé portés disparus, le pouvoir vacille dans la rue ?

Togo : Savi de Tové et Faure Gnassingbé portés disparus, le pouvoir vacille dans la rue ?

Alors que le Togo traverse une nouvelle crise politique d’ampleur, les deux figures censées incarner les institutions de la 5e République , Faure Gnassingbé et Jean-Lucien Savi de Tové brillent par leur absence. Ni message à la nation, ni apparition publique : le pays semble livré à lui-même. Pendant ce temps, la contestation gronde, menée par une jeunesse déterminée à faire entendre sa voix.

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Jean-Baptiste Placca dénonce une anomalie démocratique

Dans une chronique virulente sur RFI, le journaliste togolais Jean-Baptiste Placca a pointé du doigt ce qu’il qualifie d’ »anormalité togolaise ». Selon lui, Faure Gnassingbé, au pouvoir depuis 2005, incarne l’échec d’une longévité injustifiée : « s’accrocher au pouvoir n’est tolérable que si on s’applique à faire le bonheur de son peuple », a-t-il résumé. À l’évidence, la gouvernance actuelle semble aller à contre-courant de cette exigence.

Un président fantôme, une République fictive

Depuis l’annonce controversée de la transition vers une prétendue 5e République, pilotée en surface par Jean-Lucien Savi de Tové – un homme de 86 ans dont l’état de santé inquiète – les Togolais assistent à un vide de leadership. Ni vu ni entendu depuis sa désignation, le président du Conseil peine à exister autrement que symboliquement.

Faure Gnassingbé, pour sa part, garde le silence face aux revendications populaires. Sa seule prise de parole récente ? Des remerciements pour les messages d’anniversaire. Une indifférence qui alimente le ressentiment de tout un peuple.

Une réforme constitutionnelle imposée et contestée

La colère populaire découle en partie d’un changement constitutionnel opéré unilatéralement en avril 2024. Cette réforme a permis de faire basculer le pays dans un régime parlementaire, taillé sur mesure pour Faure Gnassingbé, qui s’est attribué le rôle de président du Conseil – une fonction non élective, le maintenant au sommet de l’État sans passer par les urnes.

De nombreux Togolais voient dans cette manœuvre un moyen de fuir le suffrage universel, tant le président est devenu impopulaire. Pour l’opposition, le constat est sans appel : « Faure Gnassingbé doit démissionner », exigent les leaders de l’ANC, du FDR et d’autres partis.

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Répression brutale et résilience populaire

Les manifestations du 6 juin ont été violemment réprimées. On déplore des dizaines d’arrestations, des cas de torture, et au moins un décès confirmé. Les images et témoignages provenant de tout le territoire montrent une chose : l’indignation dépasse les clivages ethniques. Le rejet de la gouvernance actuelle est national.

Malgré cela, le pouvoir reste sourd. Et pourtant, même au sein de la sphère proche du régime, certaines voix s’élèvent. Marguérite Gnakadé, alliée historique de la famille Gnassingbé, a lancé un appel solennel aux forces de défense : « Réveillez-vous… votre vie est trop précieuse pour la sacrifier à un seul homme. »

Une impasse politique, une société en éveil

Dans une sous-région ouest-africaine en pleine mutation démocratique, le Togo fait figure d’exception stagnante. Tandis que ses voisins avancent, le pays semble prisonnier d’un système verrouillé par le clan Gnassingbé depuis plus d’un demi-siècle.

Mais le vent tourne. La société civile se mobilise, la diaspora s’organise, et de nouvelles mobilisations sont prévues. En l’absence d’un leadership légitime et présent, la rue semble être le nouveau siège du pouvoir populaire.

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