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Togo : Robert Dussey reconnaît une vague meurtrière jihadiste dans le nord du pays

Togo : Robert Dussey reconnaît une vague meurtrière jihadiste dans le nord du pays

Le Togo, jusqu’alors discret sur les pertes humaines liées aux violences jihadistes, a brisé le silence. Dans une déclaration exclusive à l’agence Reuters, Robert Dussey, ministre togolais des Affaires étrangères, a affirmé que 54 civils et huit soldats ont été tués dans le nord du pays depuis le début de l’année 2024. Ces attaques, selon lui, ont été perpétrées par Jama’a Nusrat ul-Islam wa al-Muslimin (JNIM), un groupe lié à Al-Qaïda actif dans la région sahélienne.

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Une intensification des attaques dans la région

D’après le chef de la diplomatie togolaise, 15 attaques ont été enregistrées cette année dans les régions frontalières avec le Burkina Faso. Cette flambée de violences s’inscrit dans une dynamique plus large de propagation des groupes jihadistes vers les pays côtiers d’Afrique de l’Ouest, après avoir déstabilisé des zones entières du Mali, du Niger et du Burkina Faso.

Les mois de mai et juin 2024 ont été particulièrement meurtriers dans le Sahel, marquant l’une des périodes les plus violentes de la décennie, selon plusieurs observateurs. Ces événements interviennent dans un contexte de recul des partenariats sécuritaires traditionnels avec les pays occidentaux, au profit d’approches régionales plus autonomes.

Une menace transfrontalière enracinée dans la crise malienne

La montée du jihadisme dans le nord du Togo est l’écho d’un conflit débuté en 2012 au Mali, lorsque des groupes extrémistes ont récupéré une rébellion touarègue pour imposer leur loi. Malgré des opérations militaires internationales coûteuses, ces groupes ont consolidé leur emprise et élargi leur influence vers le sud du Sahel et les côtes atlantiques.

Des milliers de morts et des millions de déplacés sont à déplorer dans cette vaste zone d’instabilité.

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Une présence militaire renforcée et une coopération régionale

Face à la menace, environ 8 000 soldats togolais sont actuellement déployés dans le nord du pays, principalement le long de la frontière avec le Burkina Faso. Le JNIM, fortement actif dans cette zone, a intensifié ses opérations dans les deux pays.

Le ministre Dussey a salué la bonne coopération militaire entre Lomé et Ouagadougou, et a affirmé que le Togo joue un rôle de trait d’union entre la CEDEAO, dont il est membre, et la Confédération des États du Sahel (CES), entité née de la rupture de trois pays sahéliens avec l’organisation ouest-africaine.

Une alerte sur la progression jihadiste vers les pays côtiers

L’aveu de Robert Dussey souligne la fragilité croissante des pays côtiers comme le Togo, le Bénin ou la Côte d’Ivoire, face à la poussée jihadiste depuis le Sahel. Alors que les équilibres géopolitiques régionaux se redessinent, les États côtiers devront redoubler d’efforts pour éviter un embrasement similaire à celui de leurs voisins du nord.

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