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Togo/Prison civile de Lomé : La grève de la faim d’Aziz Goma tourne au scandale d’État
La grève de la faim entamée par Abdoul Aziz Goma à la prison civile de Lomé a révélé un véritable scandale. Entre refus d’hospitalisation, violation du secret médical, intrusion armée dans une salle d’urgences et brutalités contre ses proches, le détenu politique décrit un calvaire digne d’un film de dictature. Une affaire qui ne se limite plus à un simple conflit carcéral mais qui éclabousse le système judiciaire et le régime en place.
Le 1er septembre, après six jours sans nourriture, sa santé s’est brutalement détériorée. Victime d’une grave crise, il a dû être évacué en urgence vers la clinique Biassa. Mais loin de trouver l’assistance médicale espérée, il affirme avoir subi de nouvelles atteintes à ses droits fondamentaux.
Refus d’hospitalisation : un droit bafoué
Les médecins avaient recommandé son hospitalisation afin d’assurer une prise en charge adaptée. Mais l’administrateur de la prison civile de Lomé, M. Balaka, s’y est opposé catégoriquement. Selon les témoignages recueillis, cette décision aurait gravement compromis son droit à la santé, pourtant garanti par les normes internationales de protection des droits de l’homme.
Comme souvent pour les détenus politiques, les frais de soins restaient entièrement à la charge du prisonnier, révélant une autre facette des inégalités qui règnent au sein du système carcéral togolais.
Violation flagrante du secret médical
Le séjour de Goma à la clinique Biassa a également été marqué par une atteinte manifeste au secret médical. Un agent pénitentiaire a été imposé dans la salle des urgences, assistant sans autorisation aux échanges entre le patient et ses médecins. Une intrusion en totale contradiction avec l’éthique médicale, qui place la confidentialité au cœur de la relation entre soignant et malade.
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Armes dans un espace de soins : un précédent inquiétant
Plus grave encore, un agent aurait introduit son arme à feu à l’intérieur même de la salle des urgences. Ce geste, inédit selon les témoins, a créé un climat de terreur dans un lieu censé rester neutre et sécurisé. Médecins, malades et accompagnants ont vu leur sécurité directement menacée. Jusqu’alors, les gardes pénitentiaires attendaient à l’extérieur des cliniques, sans armes.
Brutalités et intimidations contre une accompagnatrice
La dérive ne s’est pas arrêtée là. Une dame venue soutenir le détenu aurait été brutalisée par un agent. Son téléphone portable lui aurait été confisqué puis fouillé illégalement, avant qu’elle ne parvienne à le récupérer. Ces intimidations renforcent l’image d’un climat d’impunité qui semble entourer la gestion des détenus politiques au Togo.
Un cri d’alerte lancé au monde
Toujours affaibli, Aziz Goma a réaffirmé sa détermination à poursuivre sa grève de la faim tant que ses revendications ne seront pas entendues. Il exige la libération des prisonniers politiques, la fin des traitements inhumains infligés aux détenus, et une amélioration substantielle des conditions carcérales au Togo.
Le 2 septembre, alors qu’il restait dans un état de grande faiblesse, il n’a pu être conduit à l’hôpital. Le directeur de la prison était introuvable, accentuant encore le sentiment d’abandon et de négligence.
Ce témoignage glaçant, relayé notamment par le trihebdomadaire Liberté dans son édition du 5 septembre 2025, met en lumière des violations répétées des droits humains qui interpellent autant la société togolaise que la communauté internationale.
Une affaire qui dépasse le cas Goma
Au-delà du sort d’un seul homme, c’est toute la politique carcérale et judiciaire du Togo qui se retrouve questionnée. L’affaire Aziz Goma cristallise les inquiétudes sur le respect des droits fondamentaux, la transparence des institutions et l’indépendance du système pénitentiaire.
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