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Togo / Manifestations du 26 juin : des miliciens payés pour réprimer la contestation populaire ?

Milices au service du régime : la démocratie togolaise piétinée, un État qui trahit ses citoyens

Le 26 juin 2025 restera sans doute dans les mémoires au Togo comme une journée de mobilisation populaire d’ampleur, marquée par des scènes de violence et de répression dans plusieurs quartiers de Lomé et d’autres villes du pays. Alors que les manifestants demandaient, de manière pacifique, la démission du président Faure Gnassingbé, des affrontements ont éclaté entre la population et les forces dites « de l’ordre », accompagnées d’hommes en civil, souvent cagoulés. Ces derniers, identifiés par de nombreux témoins comme étant des miliciens pro-régime, se sont livrés à des actes de violence gratuite : arrestations arbitraires, tabassages, destruction de biens personnels, notamment des motos et des véhicules de manifestants ou simples passants.

manifestations

Une répression rémunérée pour semer la terreur ?

Ce qui choque davantage, c’est la rumeur persistante corroborée par plusieurs vidéos et messages viraux sur les réseaux sociaux selon laquelle ces miliciens auraient été rémunérés à hauteur de 150 000 francs CFA pour participer activement à la répression des manifestations. Cette somme, dérisoire pour un État, représenterait pourtant un véritable appât pour de jeunes désœuvrés, souvent sans emploi et marginalisés, qui deviennent alors les instruments dociles d’un système qui les exploite.

La logique est implacable : on affame le peuple pour mieux l’utiliser contre lui-même. Le pouvoir s’appuie sur la pauvreté qu’il a contribué à créer pour enrôler ceux qu’il devrait protéger, dans une répression aux allures de milice privée.

Togo, démocratie de façade ?

Le Togo se présente officiellement comme une République démocratique, mais les faits récents jettent une ombre sérieuse sur cette prétention. Peut-on parler de démocratie quand des manifestants sont matraqués pour avoir simplement demandé un changement de régime ? Quand les réseaux sociaux sont temporairement coupés pour empêcher la diffusion d’images de la répression ? Quand l’État utilise des civils comme armes contre d’autres civils ?

Ces événements rappellent tragiquement que la répression n’est pas qu’institutionnelle, elle est aussi sociale, psychologique et économique. Le recours à des « gros bras » en cagoule démontre que la peur a changé de camp : elle n’est plus du côté du peuple, mais du pouvoir.

CSAF

Une révolte contre un demi-siècle d’immobilisme

La colère de la rue n’est pas née de nulle part. Elle puise sa force dans un sentiment de frustration historique, hérité de plus de 50 ans de règne ininterrompu de la famille Gnassingbé. Depuis 1967, le pouvoir est passé de père en fils, sans véritable alternance, malgré les promesses de réformes, de prospérité, et de développement.

Pourtant, le Togo demeure l’un des pays les plus pauvres de la sous-région, alors qu’il dispose de ressources naturelles considérables. Phosphates, port autonome de Lomé, diaspora active… Rien n’a suffi à transformer le pays. Les infrastructures sont défaillantes, l’emploi manque, et la jeunesse s’exile quand elle ne sombre pas dans la précarité ou la violence.

Une jeunesse debout, un régime sur la défensive

Malgré les coups, malgré la censure, le peuple togolais ne recule plus. La jeunesse en particulier, première cible de la répression, montre une détermination croissante. Sur les réseaux sociaux, dans les quartiers, dans les rues, la parole se libère et la peur s’efface.

Le pouvoir peut bien distribuer ses 150 000 francs à des miliciens de fortune, il ne pourra jamais acheter la conscience collective d’un peuple en éveil. Car l’Histoire ne retient jamais les bourreaux, elle retient ceux qui ont résisté.

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