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Togo : l’arrestation choc de Yawo Atitso, la jeunesse étudiante muselée ?

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Mercredi 3 septembre 2025, en début de soirée, Yawo Atitso, secrétaire général de la Synergie des Élèves et Étudiants du Togo (SEET), a été arrêté sur son lieu de travail avant d’être conduit vers une destination inconnue. L’information, confirmée par plusieurs sources proches du milieu associatif, a aussitôt provoqué une onde de choc au sein des organisations de la société civile (OSC). Dans un contexte déjà marqué par des tensions politiques et sociales, cette interpellation est perçue comme une nouvelle manœuvre pour museler la jeunesse togolaise, en première ligne des contestations.

Des accusations de « kidnapping » et de « détention arbitraire »

Les réactions n’ont pas tardé. Plusieurs acteurs de la société civile parlent d’un véritable « kidnapping » et dénoncent une « détention arbitraire » contraire aux principes élémentaires de l’État de droit.
Selon eux, l’arrestation de Yawo Atitso constitue une « atteinte grave aux droits humains, à la liberté et à la dignité de la jeunesse togolaise ». Sur les réseaux sociaux, des activistes réclament sa libération immédiate et sans condition, tout en rappelant le sort des jeunes encore détenus depuis les vagues d’arrestations ayant suivi les manifestations de fin juin.

Des précédents inquiétants

La Dynamique pour la Majorité du Peuple (DMP) avait déjà alerté, quelques jours plus tôt, sur une série d’arrestations jugées arbitraires. Elle cite notamment le cas d’Akouété Théodore, enlevé le 14 août, détenu cinq jours au Service central de recherches et d’investigations criminelles (SCRIC), avant d’être transféré en prison.
Trois autres jeunes Koami Aziakou, Armand Agblèzè et Komi Agbagno ont également été interpellés entre le 20 et le 22 août, dans des conditions qualifiées d’opaques.

Une société civile sous pression

Le professeur David Dosseh, coordonnateur national du mouvement Tournons la Page Togo (TLP-Togo), a lui aussi dénoncé ce qu’il considère comme une volonté délibérée des autorités de « criminaliser l’engagement citoyen ». Dans un communiqué du 25 août, il a affirmé que deux militants de son organisation avaient été arrêtés par des hommes en civil et détenus sans inculpation officielle. Selon lui, « un montage » serait en préparation pour impliquer des acteurs associatifs dans une prétendue entreprise de déstabilisation.

Une stratégie du pouvoir qui divise

Cette arrestation intervient dans un contexte où le pouvoir en place cherche à consolider sa légitimité après le passage à la Ve République et les élections municipales dominées par l’Union pour la République (UNIR). Mais aux yeux des défenseurs des droits humains, ces mesures répressives risquent d’avoir l’effet inverse en alimentant le ressentiment d’une jeunesse déjà méfiante et en radicalisant les mouvements contestataires.
Pour eux, loin de garantir la stabilité politique, ces méthodes renforcent la fracture entre le pouvoir et une partie importante de la population.

Silence officiel et incertitudes

À ce jour, aucune communication officielle n’a été faite sur l’arrestation de Yawo Atitso ni sur les motifs exacts de sa détention. Ce silence des autorités entretient le climat de suspicion et alimente davantage les inquiétudes.
En attendant, la société civile continue de se mobiliser et appelle à un respect strict des droits humains et des libertés fondamentales.

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