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Togo : Barry Moussa Barqué élu président du premier Sénat

Togo : Barry Moussa Barqué élu président du premier Sénat

Le 6 mars 2025, le Togo a franchi une étape décisive dans son processus institutionnel avec l’ouverture de la première session du Sénat, marquée par l’élection de Barry Moussa Barqué à sa présidence. Après près d’un mois de travaux, la session inaugurale a pris fin mercredi, consolidant ainsi le rôle du Sénat dans le cadre de la réforme constitutionnelle adoptée en avril 2024.

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Barry Moussa Barqué : un choix attendu pour présider le Sénat

Sans grande surprise, Barry Moussa Barqué a été élu président du Sénat pour un mandat de six ans. Figure emblématique de la scène politique togolaise, cet homme de confiance du régime succède à Koudjolou Dogo, qui assurait l’intérim en tant que doyen d’âge. Jusqu’à son élection, M. Barqué occupait la fonction de Grand Chancelier des Ordres Nationaux, une position qui en faisait déjà une personnalité incontournable dans les cercles du pouvoir.

Sous sa présidence, le Sénat est désormais dirigé par un bureau de neuf membres, composé de trois vice-présidents, deux questeurs et trois secrétaires parlementaires. Cette équipe dirigeante est censée refléter les diverses composantes de la société togolaise et sera appelée à jouer un rôle central dans les années à venir.

Composition du Bureau

À l’issue de l’élection du bureau, voici la composition officielle :

  • Président : Barry Moussa Barqué
  • 1er Vice-président : Mme Kouvahey
  • 2e Vice-président : Koudolo Dogo
  • 3e Vice-président : Olympio Robert
  • 1er Questeur : Mally Komlan
  • 2e Questeur : Mme Baniba
  • 1re Secrétaire parlementaire : Mme Morga Abougnima
  • 2e Secrétaire parlementaire : Tchassona Traoré
  • 3e Secrétaire parlementaire : Amélété Bawoumondom

Une réforme constitutionnelle et l’aboutissement d’un projet politique

La création du Sénat fait suite à la réforme constitutionnelle de 2024, qui a profondément modifié l’équilibre politique du Togo. Ce texte, promulgué le 6 mai 2024, a instauré une République parlementaire, un changement majeur qui redéfinit les pouvoirs exécutifs et législatifs du pays. Bien que largement soutenue par le gouvernement et sa majorité, cette réforme continue de susciter des contestations parmi certains partis de l’opposition et de la société civile, qui y voient un renforcement du pouvoir exécutif et une limitation de l’indépendance des institutions.

La session inaugurale a permis aux sénateurs d’adopter le règlement intérieur de la nouvelle chambre, marquant ainsi l’aboutissement d’un processus complexe de mise en place de l’institution.

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Le Sénat, un contrepoids ou une chambre d’accompagnement ?

Alors que le Sénat entre dans sa phase active, de nombreuses interrogations demeurent quant à son rôle réel dans le système politique togolais. Sera-t-il un véritable contrepoids à l’Assemblée nationale, ou plutôt une chambre d’accompagnement au service du pouvoir exécutif ? La question est d’autant plus pertinente que l’Assemblée nationale, dominée par l’Union pour la République (UNIR), le parti du président Faure Gnassingbé, bénéficie d’une majorité absolue.

Les sénateurs se réuniront pour leur première session ordinaire jeudi 3 avril 2025, après celle des députés nouvellement élus de la 5e République. Le rôle du Sénat dans les futures réformes législatives et ses relations avec l’Assemblée nationale seront scrutés de près, notamment par l’opposition, qui craint que cette nouvelle chambre ne soit qu’un instrument symbolique sans véritable pouvoir d’influence.

Un avenir certain sous la présidence de Barry Moussa Barqué

La présidence de Barry Moussa Barqué à la tête du Sénat est un signe fort de l’influence croissante du pouvoir exécutif dans le processus législatif du Togo. Fidèle parmi les fidèles du régime, M. Barqué incarne cette continuité politique qui semble caractériser la gestion du pays depuis plusieurs décennies. Cependant, cette situation soulève des préoccupations au sein de l’opposition, qui redoute que le Sénat ne devienne une institution plus symbolique qu’influente, incapable de remettre en question les décisions du gouvernement.

La suite des événements, et notamment la manière dont le Sénat interagira avec les autres branches du pouvoir, déterminera s’il pourra réellement jouer un rôle de contrepoids ou s’il sera condamné à n’être qu’une chambre d’accompagnement aux décisions de l’exécutif. Les mois à venir seront cruciaux pour évaluer le véritable impact de cette nouvelle institution dans le paysage politique togolais.

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