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Togo – Bac 2025 : Les documents ne seront plus légalisés , un obstacle pour les élèves pauvres ?

Togo - Bac 2025 : Les documents ne seront plus légalisés , un obstacle pour les élèves pauvres ?

La Direction Générale de l’Office du Baccalauréat du Togo a récemment annoncé, par un communiqué officiel daté de juillet 2025, que les attestations et relevés de notes du baccalauréat deuxième partie, session de juin 2025, ne seront plus légalisables. À première vue, cette décision semble s’inscrire dans une logique de réorganisation administrative. Mais à y regarder de plus près, elle soulève de nombreuses interrogations, notamment sur son impact social, et laisse un goût amer chez bon nombre de familles, en particulier les plus modestes.

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Selon la note, les documents ne pourront plus être légalisés et les intéressés devront désormais faire établir des duplicatas moyennant plusieurs formalités : une copie de l’acte de naissance, une copie de l’attestation ou du relevé, et une quittance de 1 000 FCFA par document, à régler directement auprès de l’Office. Cette dernière exigence, pourtant minime sur le papier, devient un véritable obstacle pour certains élèves issus des milieux les plus pauvres.

Une réforme sans consultation ?

La suppression de la légalisation de documents académiques constitue une réforme majeure. Pourtant, aucun débat public, aucune consultation d’élèves, de parents ou d’acteurs de l’éducation ne semble avoir précédé cette annonce. Pourquoi une telle décision est-elle tombée si brutalement ? Pourquoi ne pas avoir envisagé une période transitoire, le temps de sensibiliser la population et d’adapter les procédures ? Ce silence organisationnel renforce le sentiment d’une décision prise en vase clos, déconnectée des réalités du terrain.

1 000 FCFA : un détail pour les uns, un fardeau pour les autres

Il serait tentant de considérer la somme de 1 000 francs CFA comme négligeable. Mais dans de nombreuses zones rurales du Togo ou dans les quartiers précaires des grandes villes, chaque franc compte. Et quand un élève a besoin de deux ou trois duplicatas pour déposer des dossiers dans plusieurs universités, la facture grimpe rapidement. Certains doivent emprunter, d’autres renoncent tout simplement à postuler à certaines offres. Ce qui devait être une mesure administrative devient un frein à l’égalité des chances.

Par ailleurs, cette démarche implique des déplacements parfois coûteux jusqu’à Lomé, siège de l’Office du Baccalauréat, surtout pour ceux qui vivent dans les préfectures reculées comme Dankpen, Kpendjal ou Oti Sud. Là encore, l’accès géographique creuse une discrimination d’accès au service public.

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Et si les institutions étrangères n’acceptaient pas ces duplicatas ?

Autre point d’ombre non abordé dans le communiqué : la reconnaissance des duplicatas par les universités étrangères et les bailleurs de bourses internationales. Jusqu’ici, la légalisation permettait d’assurer l’authenticité des documents. Que se passera-t-il si une institution canadienne ou française exige une attestation légalisée ? Les élèves risquent de se retrouver piégés dans un imbroglio administratif, faute de documents reconnus.

Il aurait été judicieux que l’Office du Baccalauréat accompagne cette réforme par une campagne de communication internationale, ou au minimum, des garanties officielles concernant l’acceptation des duplicatas.

Une réforme qui manque d’humanité

Dans un pays où l’accès à l’éducation reste encore fragile et inégalitaire, une telle réforme devrait au contraire alléger les procédures et réduire les frais administratifs, pas les augmenter. Les élèves ne devraient pas être punis ou freinés à cause de leur pauvreté ou de leur éloignement géographique. Si la légalisation posait un problème de fraude ou de gestion, la solution aurait dû être pensée dans une logique d’inclusion, pas de complexification.

Que faire maintenant ?

Le gouvernement et la Direction Générale de l’Office du Baccalauréat doivent réévaluer cette décision, en concertation avec les syndicats d’enseignants, les associations de parents d’élèves et les organisations de défense des droits des étudiants. À défaut, cette réforme risque d’accentuer les fractures sociales et d’exclure les plus précaires du système éducatif.

Il serait urgent de mettre en place un guichet numérique gratuit pour les duplicatas, un fonds d’appui aux élèves en difficulté ou, à tout le moins, un dispositif de gratuité conditionnelle pour les familles démunies.

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