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Russie ou France : Faure joue avec deux alliés , le Togo est-il en train de perdre sa souveraineté ?
Entre Russie et France, Faure Gnassingbé joue une partition risquée. D’un côté, la France, alliée historique, multiplie les projets d’aide et de coopération. De l’autre, la Russie avance ses pions, proposant sécurité, armement et influence. Mais à force de vouloir plaire à tout le monde, ne risque-t-on pas de trahir tout le monde ? Et surtout, à force de négocier avec les puissances, le pouvoir togolais n’est-il pas en train d’oublier la seule force qui compte vraiment : son peuple ? À l’heure où les jeunes descendent dans la rue, où la société civile crie sa colère, et où l’avenir démocratique semble suspendu à des équilibres géostratégiques opaques, une question brûle toutes les lèvres : Faure est-il encore maître de son jeu, ou devient-il un simple pion entre deux empires en quête d’influence sur l’Afrique ?

Cette orientation intervient alors que le président s’efforce de diversifier ses alliances tout en conservant un lien étroit avec Paris. Le Togo bénificie notamment d’un financement de 10 millions d’euros de l’AFD pour des projets dans les régions rurales, via le programme Choose Africa
La France, partenaire incontournable mais contesté
Depuis l’indépendance, la France reste un acteur majeur sur le plan politique et économique. En 2025, elle entend renforcer sa coopération avec le Togo via des projets de développement rural et l’assistance décentralisée . Néanmoins, l’influence française est de plus en plus contestée au Togo. La suspension des émissions de RFI et France 24 pour trois mois en juin illustre une tension croissante entre le régime et les médias occidentaux, symbolique d’un fossé qui se creuse vis-à-vis de Paris .
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Moscou : un retour stratégique au Sahara
Parallèlement, la Russie renforce sa présence diplomatique et sécuritaire au Togo. En juillet 2025, un accord militaire avec Lomé a été validé par Moscou . Ce partenariat s’inscrit dans une stratégie régionale plus large, où Poutine multiplie les alliances au Sahel et en Afrique subsaharienne, dans une politique baptisée “Russafrique” . Des hélicoptères Mi-35 russes ont même été réceptionnés discrètement par le Togo, selon des sources locales .
Un dilemme sécuritaire : de la coopération à la dépendance ?
Faure autoproclame vouloir rompre avec le passé colonial : lors du sommet d’Abuja, il a dénoncé les accords militaires hérités de la décolonisation comme « caducs » et « inappropriés » . Mais en pratique, ces accords sont remplacés par des coopérations alternatives souvent opaques. Le partenariat avec la Russie pourra-t-il résister à l’offensive diplomatique occidentale ? Ou semblera-t-il opportuniste dans un contexte où la jeunesse togolaise s’oppose fermement au pouvoir en place, qualifié de dictature “soft” par certains observateurs ?

Une stratégie sous pression de l’intérieur
Les vagues de protestations en juin 2025 en lien avec le nouveau poste de “Président du Conseil des ministres” crée un climat interne explosif. La répression a déclenché une colère populaire face au passage de Faure vers un pouvoir quasi à vie . Dans ce contexte, les alliances extérieures sont scrutées : des jeunes réclament une vision plus claire et souveraine, sans tutelle extérieure.
Ce que cela signifie pour le Togo
Le Togo reste courtisé par deux géants diplomatiques, mais sans vision claire. Cette stratégie de jonglerie pose plusieurs problèmes :
- Risque de perte de crédibilité internationale : les partenaires occidentaux pourraient interpréter l’ouverture à Moscou comme un abandon des valeurs démocratiques,
- Vulnérabilité à un alignement excessif : tout basculement vers la Russie pourrait coûter cher dans les relations économiques et politiques avec l’UE,
- Perte de confiance du peuple togolais : qui attend stabilité, transparence et développement réel pas des choix géopolitiques incertains.
Conclusion : diplomatie tactique ou illusion stratégique ?
Faure Gnassingbé semble vouloir tirer parti de chaque alliance, sans exclure personne. Mais dans un monde post-guerre froide de plus en plus polarisé, cette posture peut devenir une faiblesse. Le Togo qui avance sans boussole diplomatique risque d’être aspiré dans des logiques d’influence incompatibles entre elles.
Le message des jeunes Togolais devient plus pressant : la diplomatie ne doit pas être un spectacle, mais un service rendu au développement et à la souveraineté du peuple.
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