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RDC-États-Unis : Un accord minier en discussion sur fond de tensions

RDC-États-Unis : Un accord minier en discussion sur fond de tensions

Le président congolais Félix Tshisekedi cherche à obtenir un appui international pour mettre fin au conflit dans l’est de la République démocratique du Congo (RDC). Jeudi dernier, il a discuté d’un potentiel accord minier avec Massad Boulos, conseiller spécial de Donald Trump pour l’Afrique, en visite à Kinshasa. Cependant, aucun engagement concret n’a été pris.

CSAF

L’est de la RDC, riche en ressources naturelles et frontalier du Rwanda, est en proie à des conflits depuis trois décennies. La situation s’est aggravée récemment avec l’offensive du groupe armé M23, soutenu par Kigali, qui a pris le contrôle de plusieurs villes stratégiques, notamment Goma et Bukavu.

Un partenariat aux contours flous

Ces dernières semaines, Tshisekedi a mentionné un éventuel accord minier avec les États-Unis, mais sans préciser si des contreparties sécuritaires étaient négociées. Massad Boulos a déclaré avoir « pris connaissance de la proposition de la RDC » et annoncé qu’une « voie à suivre » avait été convenue avec le président congolais. Toutefois, aucun détail concret n’a été dévoilé.

Les précédentes tentatives diplomatiques pour résoudre la crise, y compris la médiation angolaise, ont échoué. Le Qatar a récemment réussi à réunir Tshisekedi et le président rwandais Paul Kagame à Doha, où un cessez-le-feu a été discuté. Mais dès le lendemain, le M23 a conquis Walikale, une localité stratégique riche en or et en étain.

L’enjeu des ressources minières

La RDC est le premier producteur mondial de cobalt et possède 60 % des réserves mondiales de coltan, essentiels aux technologies modernes. Cependant, l’exploitation minière dans l’est du pays est marquée par des pratiques opaques et une forte influence chinoise.

La récente avancée du M23 à Walikale a poussé Alphamin, exploitant une importante mine d’étain, à suspendre ses activités. L’entreprise est détenue par Tremont Master Holdings, basée à Maurice et affiliée à Denham Capital, un géant américain du capital-investissement.

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Des négociations encore incertaines

Malgré la volonté des États-Unis d’aider à mettre fin au conflit, Massad Boulos a souligné qu’il était « trop tôt » pour formaliser un accord minier. Jacques Mukena, chercheur en gouvernance à l’institut Ebuteli, rappelle que de tels accords nécessitent du temps et que Kinshasa ne doit pas s’attendre à des résultats immédiats.

En parallèle, la visite de Boulos s’inscrit dans une mission plus large visant à « favoriser une paix durable dans l’est de la RDC » et « promouvoir les investissements américains dans la région ». Après son séjour en RDC, il prévoit de se rendre au Rwanda, au Kenya et en Ouganda.

Un retrait stratégique du M23

Alors que les discussions se poursuivent, le M23 s’est retiré de Walikale, selon des sources sécuritaires. Un officier des Forces armées congolaises (FARDC) a confirmé sous couvert d’anonymat que « l’ennemi a quitté la zone ». Fiston Misona, représentant de la société civile de Walikale, a ajouté que « les combattants du M23 sont en route vers Goma ».

La situation dans l’est de la RDC reste tendue et l’issue des pourparlers reste incertaine. Kinshasa espère obtenir un soutien plus ferme de Washington, mais la concrétisation d’un accord minier pourrait prendre encore du temps.

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