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Faits divers

Quand le business du VIH tourne au scandale : Le géant du traitement antisida accusé de pots-de-vin à grande échelle

Quand le business du VIH tourne au scandale : Le géant du traitement antisida accusé de pots-de-vin à grande échelle

Le laboratoire pharmaceutique américain Gilead Sciences, reconnu mondialement pour ses traitements contre le VIH, a accepté de verser 200 millions de dollars pour mettre fin à des poursuites liées à des pratiques de corruption visant à promouvoir ses médicaments. Cet accord de principe a été conclu avec une cinquantaine de procureurs généraux à travers les États-Unis, après une longue enquête sur des pots-de-vin versés à des professionnels de santé entre 2011 et 2017.

Muhammadu Buhari

Des médecins achetés à coups de luxe et de privilèges

D’après le communiqué officiel, Gilead a organisé des centaines de “Dinner Programs” dans des destinations attrayantes comme Miami, New York ou La Nouvelle-Orléans. À ces événements, les médecins invités – parfois à plusieurs dizaines de reprises – recevaient des repas dans des restaurants haut de gamme, des voyages tous frais payés, et jusqu’à des centaines de milliers de dollars pour parler des produits Gilead.

Un exemple frappant : une infirmière aurait assisté à 75 dîners promotionnels, dont 40 abordaient exactement le même sujet, parfois trois fois en six mois. Un groupe de dix médecins new-yorkais aurait, quant à lui, participé à 384 sessions, dont 300 organisées à l’initiative d’un seul d’entre eux.

Des accusations graves : « Ils ont nui à la confiance des patients »

Letitia James, procureure générale de l’État de New York, n’a pas mâché ses mots :

« Lorsque les entreprises pharmaceutiques mettent les bénéfices avant les patients, les New-Yorkais souffrent. »

CSAF

Elle accuse Gilead d’avoir sapé la confiance entre patients et médecins, en faussant les recommandations médicales par des “cadeaux illégaux”. Elle rappelle que les patients doivent pouvoir avoir foi en la neutralité de leurs prescripteurs, ce qui n’était plus le cas ici.

Gilead se défend : « Une affaire du passé »

Dans une déclaration transmise à l’AFP, un porte-parole de Gilead a tenté de minimiser l’affaire, soulignant que l’entreprise avait « évolué et renforcé ses programmes éthiques » depuis plusieurs années. Il a également insisté sur le fait que l’accord était « dans le meilleur intérêt de l’entreprise et de ses actionnaires », soulignant son caractère rétroactif.

Malgré ce discours, l’action de Gilead a chuté de 2,70 % à la Bourse de New York suite à l’annonce.

Des traitements à prix d’or

Au cœur de cette affaire se trouvent des traitements parmi les plus chers du marché. Gilead commercialise depuis 2022 le Sunlenca, un traitement antirétroviral facturé plus de 39.000 dollars par an.

Un autre médicament, le Yeztugo, traitement préventif prometteur contre le VIH, a été approuvé en juin 2025. Son coût annuel s’élèvera à 28.218 dollars, selon les informations disponibles. Ces prix vertigineux soulèvent régulièrement des critiques sur l’accessibilité aux soins.

Une ouverture vers les pays pauvres… sous pression

Sous la pression croissante des associations de lutte contre le sida, Gilead a fini par céder. En 2024, le laboratoire a signé un accord avec des fabricants de génériques pour fournir des versions à bas coût de ses traitements dans plus de 100 pays en développement. Le Fonds mondial a même signé un contrat pour approvisionner ces États à revenu faible ou intermédiaire.

Une réputation ternie malgré des avancées médicales

Si Gilead reste un acteur incontournable dans la lutte mondiale contre le VIH, cette affaire vient rappeler les dérives du marketing pharmaceutique, où le profit peut parfois primer sur l’éthique. Malgré les avancées médicales notables de ses traitements, le laboratoire va devoir redoubler d’efforts pour regagner la confiance du public, des autorités et des patients.

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