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Procès Constant Mutamba : « Je n’ai jamais pris un dollar » , Un ex-ministre au cœur d’un face-à-face historique avec la justice congolaise

Procès Constant Mutamba : « Je n’ai jamais pris un dollar » , Un ex-ministre au cœur d’un face-à-face historique avec la justice congolaise

C’est un procès que le palais de justice de Kinshasa ne pourra pas oublier. En ce 23 juillet 2025, Constant Mutamba, ancien ministre de la Justice, a fait face à la Cour de cassation pour répondre d’accusations lourdes : un détournement présumé de 19 millions de dollars liés à la construction d’une prison à Kisangani. Pendant plus de quatre heures, celui qui se voit encore comme un « homme d’avenir » a pris la parole. Une prise de parole forte, dramatique, parfois politique, qui transforme cette audience en événement national. Entre vérités, dénégations, plaidoyer et défiance, Mutamba n’a pas seulement tenté de se défendre : il a tenté de marquer l’histoire.

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Un procès qualifié d’« historique » par l’accusé lui-même

Devant une Cour de cassation inflexible, les avocats de Constant Mutamba ont d’abord tenté d’invalider la procédure en soulevant deux exceptions de droit. Rejetées. Dès lors, la confrontation directe a commencé. Et Mutamba, loin d’un silence prudent, a pris la parole comme sur une scène politique : « Je joue mon avenir, laissez-moi le temps de m’exprimer ».

Pendant l’interrogatoire, il a martelé son innocence : « Je n’ai jamais pris un seul dollar ». Selon lui, le virement de 19 millions de dollars s’est fait dans les règles, et avec l’approbation de la Première ministre. Quant au contrat passé de gré à gré ? Il a simplement suivi la chaîne hiérarchique. Le compte de la société Zion, ouvert la veille de la transaction ? Un choix tactique pour économiser des frais bancaires. Tout est, selon lui, traçable, explicable, légitime.

Quand le prétoire devient une tribune politique

Mais très vite, la ligne de défense de Constant Mutamba s’élargit : il ne s’agit plus seulement de chiffres et de procédures. L’ancien ministre affirme n’avoir jamais fui, n’avoir rien à cacher. « Je suis venu payer le prix d’une lutte », lance-t-il. « Je suis prêt à aller jusqu’au bout. » Dans le prétoire, l’homme ne répond plus seulement à la justice : il s’adresse à la nation, au peuple, voire au continent.

Certains observateurs y voient une manœuvre stratégique, d’autres une sincère déclaration d’engagement. L’un de ses avocats, Me Joël Kitenge, le dit sans détour : « À 37 ans, il a osé. Ce procès pourrait faire de lui un martyr ou un héros politique. »

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Des faits, une instruction, et beaucoup de zones d’ombre

Malgré le souffle rhétorique, les faits demeurent. Une tentative de virement de 19 millions de dollars, un compte bancaire ouvert à la hâte, un contrat attribué sans appel d’offres : autant d’éléments qui questionnent. La justice, elle, reste concentrée sur les pièces du dossier, bien loin des envolées lyriques. Le procès est encore loin de son épilogue, mais il pose déjà des questions profondes sur la gestion publique, la responsabilité politique, et l’indépendance de la justice en République démocratique du Congo.

Et maintenant ? Une suite incertaine, mais un tournant évident

La prochaine audience est prévue pour le 30 juillet. En attendant, le procès de Constant Mutamba polarise les débats à Kinshasa et au-delà. Est-il victime d’un règlement de comptes ? Ou coupable d’avoir trahi la confiance publique ? Une chose est certaine : en osant prendre la parole, l’ex-ministre a relancé la machine médiatique et politique. Le verdict, lui, attendra. Mais l’opinion publique, elle, s’est déjà emparée du dossier.

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