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Nigeria : Plus d’escortes policières pour les ministres et hauts fonctionnaires
Le président nigérian Bola Ahmed Tinubu a annoncé, mercredi, une mesure majeure visant à mieux contrôler l’utilisation des escortes policières par les membres du gouvernement et les hauts responsables de l’administration fédérale. Désormais, ministres et hauts fonctionnaires devront obtenir son approbation préalable avant de solliciter une escorte policière pour leurs missions officielles.
La directive a été donnée lors de la réunion hebdomadaire du Conseil exécutif fédéral (FEC), tenue à la State House d’Abuja.
Une réponse aux failles de sécurité
Le chef de l’État a expliqué que des brèches sécuritaires surviennent fréquemment lorsque des policiers sont redéployés sans qu’un dispositif de remplacement ne soit assuré. Pour Tinubu, la solution repose sur une meilleure coordination entre les institutions chargées de la sécurité intérieure.
« J’en ai informé l’inspecteur général de la police, et j’attends du ministre des Affaires policières qu’il veille à l’exécution stricte de cette directive », a déclaré le président.
Il a insisté : « En cas de risque lié à la mission que vous effectuez, contactez l’inspecteur général de la police et sollicitez mon autorisation. »
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Une coordination inter-agences exigée
Tinubu a également demandé au ministre de l’Intérieur de travailler en synergie avec l’Inspecteur général de la police et le Corps nigérian de sécurité et de défense civile (NSCDC) afin de combler les vides laissés par les agents affectés à des missions spéciales.
« Le ministre de l’Intérieur doit se concerter avec l’Inspection générale de la police et les services de la Protection civile pour remplacer les policiers mobilisés lors de missions de sécurité particulières, afin d’éviter toute zone de vulnérabilité », a-t-il ordonné.
Une révision globale de la structure sécuritaire du pays
En complément, le président a chargé le conseiller à la sécurité nationale, Nuhu Ribadu, ainsi que le Service de sécurité d’État (SSS) d’examiner l’architecture sécuritaire nationale et de proposer les ajustements nécessaires pour renforcer l’efficacité du dispositif.
Une décision qui vise à rationaliser les ressources sécuritaires
Cette nouvelle réglementation s’inscrit dans les efforts du gouvernement pour optimiser la gestion des forces de sécurité, souvent critiquée pour sa fragmentation et ses dysfonctionnements. Elle vise également à prévenir l’affaiblissement des unités policières déjà sous pression, en limitant le déploiement excessif d’agents auprès des personnalités publiques.
Avec cette mesure, Tinubu espère mettre fin aux dérives dans l’utilisation des escortes policières, instaurer une chaîne d’autorisation plus rigoureuse et renforcer la sécurité des officiels tout en préservant les capacités opérationnelles de la police nationale.
