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Milices au service du régime : la démocratie togolaise piétinée, un État qui trahit ses citoyens
Au Togo, un tournant inquiétant vient d’être franchi. Faure Gnassingbé et son régime officialisent désormais l’existence des milices, ces groupes armés qui opèrent en toute impunité contre les citoyens. Alors que le pays n’est pas en guerre, des hommes violents, politisés et tribalisés, prennent le rôle de la sécurité, laissant l’armée, la police et la gendarmerie humiliées et désavouées. Cette décision révèle un État où la répression devient institutionnelle et où la peur remplace la loi.
Ces « sentinelles du peuple », comme ils se font appeler, ne sont pas recrutées pour protéger les citoyens ou renforcer la sécurité collective. Leur rôle, selon des observations répétées, consiste surtout à intimider, traquer et réprimer les populations lors des manifestations et mobilisations citoyennes.
Des souvenirs sanglants de la répression passée
L’histoire récente rappelle que l’usage des milices n’est pas nouveau au Togo. Dès le début de la démocratisation dans les années 1990, des groupes paramilitaires étaient déjà utilisés pour étouffer les voix de l’opposition. La préfecture de la Kozah, par exemple, fonctionnait alors comme un véritable État dans l’État, où des individus autoproclamés et leurs miliciens contrôlaient l’information et la liberté de circulation des citoyens.
Des témoignages choquants relatent des incidents où des jeunes Togolais ont échappé de justesse à la mort, pourchassés par ces miliciens dans plusieurs quartiers de Lomé et du nord du pays. Des actes de violence aveugle et des assassinats ont ponctué cette période, laissant derrière eux des familles traumatisées et un sentiment d’impunité total.
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Quand l’État officialise l’impunité
Les événements récents de juin et juillet 2025 ont montré que ces pratiques perdurent. Les images des miliciens attaquant violemment des manifestants ont provoqué un tollé dans la presse nationale et internationale ainsi que sur les réseaux sociaux. Face à la pression, Faure Gnassingbé et son entourage ont finalement reconnu et légitimé officiellement le recrutement de ces miliciens.
Cette décision soulève des questions fondamentales sur la crédibilité des institutions régaliennes. L’armée, la gendarmerie et la police semblent désormais dégradées et désavouées, incapables de remplir leur mission régalienne de protection des citoyens. Une situation inédite qui laisse place à l’impunité et à l’arbitraire, mettant en péril la sécurité de la population.
Des milices politisées et tribalisées
Contrairement aux expériences d’autres pays africains, comme le Burkina Faso, où les milices locales contribuent à des projets communautaires sans affiliation politique ou tribale, les « sentinelles du peuple » togolaises sont profondément politisées. Leur recrutement repose sur la loyauté au pouvoir en place et non sur le service à la nation.
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Cette instrumentalisation des jeunes Togolais par le régime n’est pas sans danger pour eux-mêmes. L’histoire passée a montré que des miliciens utilisés pour réprimer peuvent être éliminés lorsqu’ils ne sont plus utiles ou deviennent gênants. Les victimes d’aujourd’hui pourraient donc devenir les bourreaux de demain, et les complices du régime se transformer en cibles d’une violence systématique.
Conclusion : une menace pour la démocratie et la paix sociale
La légitimation des milices au Togo marque un tournant inquiétant pour le pays. Au lieu de renforcer l’État de droit et la sécurité publique, cette décision contribue à instaurer la peur et à fragiliser la démocratie. L’impunité, la politisation et l’usage de la violence comme instrument politique mettent en péril la stabilité nationale et le bien-être des citoyens.
Tant que cette pratique persistera, la population restera prisonnière d’un système où la protection et les droits fondamentaux sont subordonnés à des intérêts partisans, et où l’État lui-même choisit de désavouer ceux qui devraient la défendre.
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