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Mali : l’opposant Mamadou Traoré jugé pour « atteinte au crédit de l’État »
Au Mali, alors que les partis politiques s’apprêtent à organiser un rassemblement de protestation le vendredi 9 mai à Bamako, une figure majeure de l’opposition, Mamadou Traoré, ne pourra y participer. Le président du parti Alternatives pour le Mali, surnommé « le Roi », est actuellement incarcéré et doit comparaître le 12 juin devant la justice.

Des propos critiques à l’origine des poursuites
L’arrestation de Mamadou Traoré fait suite à une interview diffusée le 22 avril sur les réseaux sociaux, dans laquelle il dénonce le fonctionnement du Conseil national de transition (CNT). Il accuse les membres de cette institution de percevoir des salaires de députés sans légitimité électorale, et de servir leurs intérêts personnels au détriment de la nation.
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Il remet également en cause la validité du référendum constitutionnel de 2023 et critique la prolongation du pouvoir militaire. « Ne pas respecter sa parole, c’est porter atteinte à l’honneur des Maliens », a-t-il déclaré.

Des chefs d’accusation lourds
Le pôle judiciaire anti cybercriminalité poursuit Mamadou Traoré pour « atteinte au crédit de l’État » et « diffusion de fausses nouvelles » susceptibles de troubler la paix publique. Ces accusations rappellent les méthodes employées contre plusieurs opposants au cours de la Transition.
Un climat de répression politique croissante
Ce n’est pas la première fois que Mamadou Traoré se retrouve dans le collimateur du pouvoir : il avait déjà été emprisonné plus de cinq mois l’année dernière pour avoir participé à une réunion politique malgré la suspension des activités politiques.
En avril, un membre de son parti a été condamné à un an de prison pour avoir dénoncé le régime militaire, le qualifiant de « junte ». Mamadou Traoré a quant à lui été transféré à la prison de Dioïla, à plus de 160 kilomètres de la capitale.
Des condamnations en chaîne et des voix alarmées
Le cas de Mamadou Traoré s’inscrit dans une série de répressions visant responsables politiques, journalistes et membres de la société civile. Human Rights Watch, Amnesty International et la FIDH ont exprimé à plusieurs reprises leurs inquiétudes face à la dégradation des libertés fondamentales au Mali.
À l’approche de son procès, l’affaire Mamadou Traoré devient un nouveau symbole de la dérive autoritaire dénoncée par l’opposition et les défenseurs des droits humains dans un pays où l’espoir d’un retour à l’ordre constitutionnel semble de plus en plus lointain
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