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Lutte contre le blanchiment : le GIABA sonne l’alerte, la CEDEAO sous pression financière
Face à une criminalité financière de plus en plus sophistiquée, le GIABA tire la sonnette d’alarme et presse la CEDEAO de débloquer des financements indispensables. À Lomé, lors d’un séminaire crucial, les décideurs ouest-africains sont appelés à agir rapidement sous peine de fragiliser la sécurité économique de toute la région. Entre menace de flux financiers illicites, financement du terrorisme et instabilités politiques, le temps presse pour garantir l’intégrité des systèmes financiers ouest-africains.
La cérémonie d’ouverture, marquée par une forte solennité, a vu la participation de plusieurs personnalités : Tchaa Bignossi Aquiteme, président de la Cellule nationale de traitement des informations financières (CENTIF-Togo), Edwin W. Harris Jr., directeur général du GIABA, Anakpa Essokiza, directeur général du Budget du Togo, ainsi que des représentants de la Commission de la CEDEAO et du bureau régional de l’organisation à Lomé.
Des moyens limités qui freinent l’action du GIABA
Derrière le protocole officiel se cache une inquiétude majeure : le manque de financement. Depuis 2023, les tensions économiques et politiques dans la région ont réduit les contributions des États membres, compromettant le budget du GIABA. Cette situation a directement affecté ses programmes, notamment les évaluations mutuelles et l’assistance technique, piliers de son action régionale.
Edwin W. Harris Jr. a rappelé avec fermeté que l’avenir du GIABA dépend d’un financement pérenne : « Sans un engagement clair des États membres, notre capacité à soutenir les réformes nationales et à conduire les évaluations mutuelles sera compromise ».
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Des menaces financières de plus en plus complexes
Le dernier rapport de l’institution, publié en mai, révèle la sophistication croissante des menaces qui pèsent sur la région. Le blanchiment via les circuits commerciaux et bancaires continue de prospérer, tandis que les flux financiers illicites alimentent le terrorisme. L’émergence des actifs virtuels ajoute une couche supplémentaire de complexité, rendant la régulation plus difficile.
À cela s’ajoutent les instabilités politiques. Le retrait annoncé du Burkina Faso, du Mali et du Niger de la CEDEAO pourrait fragiliser la coopération régionale et priver ces pays d’un cadre structuré de supervision anti-blanchiment. Le GIABA a ouvert un dialogue avec ces États, mais l’incertitude demeure.
Le Togo en exemple, mais avec des limites
Pays hôte du séminaire, le Togo a profité de l’occasion pour mettre en avant ses propres efforts. Lomé a renforcé son cadre légal et institutionnel, adopté une stratégie nationale de LBC/FT et conduit une évaluation nationale des risques. Des mesures concrètes sont en cours, notamment le renforcement de la CENTIF et la mise en œuvre de recommandations issues d’évaluations sectorielles.
Pour Tchaa Bignossi Aquiteme, ces avancées prouvent la volonté politique du pays, mais elles rappellent également la nécessité d’une coopération régionale accrue : « La lutte contre le blanchiment et le financement du terrorisme exige un engagement visible des plus hautes autorités ».
Vers un engagement collectif attendu
Les discussions qui se poursuivent à Lomé sont déterminantes. Les membres du CAF doivent décider s’ils sont prêts à garantir au GIABA les moyens financiers nécessaires pour affronter les défis sécuritaires et économiques régionaux. La question est claire : la CEDEAO a-t-elle la volonté d’investir durablement dans la sécurité financière de ses États membres ?
Le séminaire, qui se clôture le 16 septembre, devrait livrer des conclusions attendues avec beaucoup d’attention. Car dans un contexte où les menaces transnationales s’intensifient, l’Afrique de l’Ouest n’a d’autre choix que d’unir ses forces pour préserver l’intégrité de ses systèmes financiers.
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