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Live polémique d’Aamron : les trois fautes impardonnables selon les acteurs de la lutte

Live polémique d’Aamron : les trois fautes impardonnables selon les acteurs de la lutte

Le 28 juillet 2025, l’artiste engagé Aamron est réapparu en direct sur les réseaux sociaux après plusieurs semaines de silence. Attendu comme un symbole de résilience et de contestation après son arrestation du 26 mai, son intervention a pourtant provoqué un véritable choc parmi ses soutiens. Loin de raviver l’élan populaire, ce live a laissé place à l’incompréhension, à la déception et, pour certains, à la colère.

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Figure emblématique de la scène urbaine togolaise, Aamron avait acquis, au fil des mois, une stature quasi symbolique dans le mouvement citoyen. Ce retour public était donc perçu comme un moment fort, un signal de mobilisation. Mais les propos tenus ont pris un tournant inattendu, voire désastreux, aux yeux de nombreux militants.

Erreur n°1 : Blanchir Faure Gnassingbé des crimes d’État

Ce qui a d’abord sidéré une grande partie des internautes, c’est la façon dont Aamron a évité de nommer Faure Gnassingbé comme principal responsable des dérives autoritaires et des violences. Cette posture a immédiatement été dénoncée par plusieurs figures de la lutte, à commencer par le journaliste Carlos Ketohou, lui-même exilé politique et victime du régime.

Dans une tribune virulente, Ketohou a qualifié les propos de l’artiste de « manipulation dangereuse », affirmant que ce flou volontaire visait à brouiller les repères moraux de la contestation. Pour nombre de militants, ne pas pointer clairement le chef de l’État, c’est participer à l’effacement des tortures, des disparitions et des répressions subies par le peuple depuis des années.

Erreur n°2 : Prôner une paix désarmée face à un système brutal

Autre point de discorde : l’insistance d’Aamron sur une résistance pacifique, déconnectée du niveau de violence institutionnelle en place. Certes, la non-violence est une stratégie respectée dans plusieurs luttes historiques. Mais dans le contexte togolais actuel, beaucoup y voient une posture naïve, voire complice.

Selon Carlos Ketohou, « prêcher la paix sans dénoncer la brutalité du système revient à inviter le peuple à tendre l’autre joue pendant qu’il est frappé ». Pour les militants, la lutte exige une clarté stratégique : appeler à l’action sans cibler les véritables auteurs de l’oppression, c’est désarmer moralement un peuple déjà éprouvé.

Erreur n°3 : Parler de souveraineté sans remettre en cause le pouvoir

La phrase qui a sans doute achevé de faire vaciller la crédibilité d’Aamron est celle dans laquelle il propose de « laisser Faure au pouvoir pendant que le peuple reprendra sa souveraineté ailleurs ». Un propos jugé incohérent, voire absurde, tant il contredit l’essence même de la lutte pour l’émancipation.

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« La souveraineté est confisquée par un seul homme », rappelle Ketohou. Dans ce contexte, suggérer qu’on peut la récupérer sans remettre en cause l’autorité de Faure Gnassingbé revient à accepter le statu quo. Pour beaucoup, cette déclaration sonne comme une capitulation.

Une réaction énigmatique et une rupture consommée ?

Face à la tempête, Aamron a publié un message laconique : « Vous m’avez entendu, mais vous ne m’avez pas écouté. » Une phrase énigmatique qui, loin d’apaiser les tensions, entretient le flou. Est-ce une reconnaissance d’erreur ou un rejet des critiques ? L’artiste, jusque-là perçu comme une voix du peuple, voit son image gravement fragilisée.

Des milliers d’internautes, selon les témoignages, ont quitté son live en direct. Pour Carlos Ketohou, cette sortie ratée ne s’explique pas seulement par une stratégie personnelle, mais peut aussi traduire une pression psychologique post-torture ou des calculs politiques subtils, voire ethniques. L’ambiguïté est totale.

Conclusion : entre désillusion et lucidité populaire

Le live d’Aamron marque-t-il une rupture entre l’artiste et le peuple ? Pour certains, il a simplement montré son vrai visage. Pour d’autres, il s’est perdu sous les effets conjugués de la peur, des menaces ou de l’usure psychologique. Ce qui est sûr, c’est que ce discours a réveillé une vigilance populaire accrue.

Comme l’a résumé Carlos Ketohou : « Il aurait mieux fait de se taire. » Mais cette parole a au moins eu un mérite : elle rappelle aux citoyens qu’aucune figure, aussi charismatique soit-elle, ne doit incarner seule une lutte. Car au bout du compte, le peuple reste lucide, et la mémoire des sacrifices reste vivace.

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