Actualités
Licenciements à Pyramide FM : la colère monte dans le milieu journalistique togolais
L’affaire des licenciements à Radio Pyramide FM continue de provoquer une onde de choc dans le paysage médiatique togolais. Le renvoi de cinq journalistes pour « faute grave » a suscité une vague d’indignation au sein de la profession, plusieurs acteurs dénonçant une atteinte grave aux droits des travailleurs et à l’éthique journalistique.
Max Carmel Savi refuse l’antenne en signe de protestation
Parmi les réactions les plus remarquées figure celle de Max Carmel Savi, journaliste et auteur, dont la prise de position a largement circulé sur les réseaux sociaux. Invité à participer à une émission sur Pyramide FM pour présenter un ouvrage coécrit avec Mgr Barrigah, il affirme avoir appris, peu avant l’émission, que « presque toute l’équipe de production avait été licenciée ».
Face à cette situation, il a décidé de ne pas prendre part à l’émission. « Je ne serai pas à Pyramide FM ce soir et j’en suis honoré », écrit-il, estimant ne pas pouvoir intervenir dans un contexte qu’il juge profondément injuste.
Des contrats inexistants au cœur des dénonciations
Au-delà du renvoi des journalistes, Max Carmel Savi met en lumière des pratiques qu’il qualifie de choquantes. Selon lui, la direction de la radio évoque des « termes de contrat » dans ses courriers, alors qu’aucun contrat écrit n’aurait jamais été signé avec les journalistes concernés.
« Comment une si “grande” radio peut-elle fonctionner sans contrat, sans aucune cotisation sociale, avec des journalistes qui y travaillent depuis parfois dix ans ? », s’interroge-t-il, pointant un dysfonctionnement structurel grave dans la gestion des ressources humaines.
LIRE AUSSI : Approvisionnement en eau dans le nord : Kodjo Adedze sur les chantiers
Une précarité sociale alarmante
Le journaliste dénonce également l’absence de toute protection sociale pour certains professionnels, y compris des journalistes de plus de cinquante ans, sans cotisation retraite ni assurance maladie. Une situation qu’il qualifie de « misérabilisation du métier ».
Il souligne par ailleurs que les salaires, compris entre 60 000 et 120 000 francs CFA, seraient restés inchangés depuis près de dix ans, malgré l’inflation et l’augmentation du coût de la vie.
Des revendications jugées légitimes
Selon Max Carmel Savi, les journalistes licenciés – David Cudjoe Amekudzi, David Assimadi, Marius Attor, Richard Aziague et Jean-Jacques Snoby Attikpo – n’ont fait que réclamer des conditions minimales de travail. Parmi leurs doléances figuraient notamment du crédit de communication pour contacter leurs invités et la possibilité d’envisager une grève.
« Rien de plus », insiste-t-il, qualifiant leur licenciement de profondément injuste et disproportionné.
Une indignation largement partagée
La réaction de Noël Tadegnon, autre journaliste bien connu, illustre le sentiment dominant dans la profession. « C’est révoltant. Très révoltant », a-t-il résumé, rejoignant une indignation largement partagée dans les médias togolais.
Une affaire emblématique de la précarité dans les médias privés
Au-delà du cas de Pyramide FM, cette affaire est désormais perçue comme emblématique de la précarité qui touche de nombreux journalistes dans les médias privés au Togo. Elle soulève une question fondamentale : comment garantir la liberté d’informer lorsque ceux qui informent travaillent sans droits, sans sécurité sociale et sous la menace constante du licenciement ?
La mobilisation annoncée par plusieurs acteurs de la presse pourrait donner à ce dossier une portée bien plus large qu’une simple crise interne à une station de radio, et relancer le débat sur les conditions de travail des journalistes au Togo.
Rejoindre notre communauté WhatsApp pour ne rien manquer.
Avec Icilome
