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Ghana-Togo : un marché chinois à Aflao pour booster le commerce , investissement utile ou dépendance masquée ?
Le Ghana a annoncé la construction d’un marché ultramoderne à Aflao, à la frontière avec le Togo, grâce à une subvention de 30 millions de dollars (environ 18 milliards de F CFA) octroyée par la République populaire de Chine. L’accord a été signé à Accra entre le ministre ghanéen des Affaires étrangères, Samuel Okudzeto Ablakwa, et l’ambassadeur de Chine au Ghana, Tong Defa. Ce projet, qualifié de « marché chinois », vise à stimuler le commerce entre Aflao, la ville de Ho et Lomé, capitale togolaise, tout en améliorant les infrastructures économiques dans la région de la Volta.

Aflao : un carrefour commercial stratégique
Située à la frontière est du Ghana, Aflao est l’un des plus importants points d’échange commerciaux entre le Ghana et le Togo. Chaque jour, des milliers de commerçants et de clients franchissent cette frontière pour s’approvisionner ou vendre des biens de consommation courante, des produits agricoles ou manufacturés.
Le futur marché s’annonce comme une réponse à la croissance du commerce informel, souvent réalisé dans des conditions précaires. En construisant cette infrastructure moderne, le gouvernement ghanéen souhaite formaliser et structurer ces échanges, mais aussi réduire les risques sanitaires et faciliter la régulation fiscale.
Un projet à forte valeur géopolitique
Le financement de ce projet s’inscrit dans le cadre du partenariat stratégique entre Accra et Pékin, qui ne cesse de se renforcer ces dernières années. Pour le président ghanéen John Dramani Mahama, ce projet constitue la concrétisation d’une promesse de campagne électorale faite en 2024 pour stimuler le développement des régions frontalières.
« Le marché d’Aflao ne bénéficiera pas seulement aux Ghanéens, mais aussi à nos frères et sœurs du Togo. Il incarne notre volonté d’une intégration régionale efficace », a déclaré le ministre Ablakwa, soulignant la dimension sous-régionale du projet.
Des retombées attendues pour les deux pays
La construction du marché devrait générer des centaines d’emplois directs et indirects, notamment dans le bâtiment, la gestion des infrastructures commerciales, la sécurité, l’assainissement et la logistique. Ce projet pourrait également stimuler la croissance du secteur informel, qui représente une part importante de l’économie ghanéenne et togolaise.
Du côté togolais, ce marché pourrait intensifier les relations commerciales avec le Ghana et bénéficier aux commerçants togolais qui opèrent régulièrement dans cette zone. À terme, cette infrastructure pourrait servir de modèle de modernisation des espaces commerciaux en Afrique de l’Ouest, en lien avec les objectifs de la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf).
Une dynamique régionale à surveiller
Si l’initiative est largement saluée, certaines voix s’interrogent sur l’influence grandissante de la Chine dans les décisions économiques de pays africains. Pékin, en finançant des infrastructures à haute visibilité, renforce non seulement ses liens diplomatiques avec des États partenaires, mais aussi son accès aux marchés et ressources stratégiques du continent.

D’autres analystes appellent à veiller à la viabilité économique et sociale du projet sur le long terme. Il s’agira notamment de garantir que les commerçants locaux ne soient pas exclus par des acteurs plus puissants ou par des taxes trop élevées imposées par les autorités.
Un pont économique entre Lomé et Accra
La future infrastructure, qui devrait être livrée dans les deux prochaines années, incarne une nouvelle étape dans la coopération régionale Ghana-Togo. Elle ouvre la voie à un corridor commercial moderne, fluide et sécurisé entre Lomé et Ho, en passant par Aflao. En somme, un marché au service de l’intégration régionale, du développement local et d’un commerce plus équitable.
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