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Drame : 20 civils tués par erreur dans une frappe aérienne de l’armée
Au moins 20 civils ont été tués samedi 30 avril 2025 lors d’une frappe aérienne menée par l’armée nigériane dans le nord-ouest du pays, plus précisément dans l’État de Zamfara. Les victimes, selon des témoignages recueillis par l’AFP, appartenaient à des groupes d’autodéfense locaux venus secourir des habitants attaqués par des bandits. L’aviation militaire les aurait confondus avec ces criminels armés, déclenchant une attaque meurtrière.

Une erreur fatale
« La frappe aérienne a coûté la vie à 20 personnes », a déclaré Ishiye Kabiru, habitant du district de Maru où s’est produit le raid. Selon lui, les groupes d’autodéfense des villages de Maraya et de ses environs tentaient de traquer les bandits responsables d’attaques récentes dans les villages de Mani et Wabi. Mais le soutien aérien sollicité s’est retourné contre eux.
Un autre témoin, Buhari Dangulbi, confirme cette version des faits : « Nous avons été frappés par une double tragédie samedi. Des dizaines de personnes et plusieurs vaches ont été enlevées par des bandits, et ceux qui les poursuivaient ont été bombardés. »
Silence de l’armée, colère des populations
Contactée par l’AFP, l’armée nigériane n’a pas répondu immédiatement à ces accusations. Ce silence ajoute à l’indignation de la population locale, qui dénonce une répétition tragique d’erreurs militaires. Amnesty International a rapidement réagi, appelant les autorités à « enquêter de manière transparente » sur cette bavure.
« Les attaques de bandits justifient une réponse de l’État, mais mener des frappes aériennes inconsidérées sur des villages, encore et encore, est absolument illégal », a déclaré l’organisation sur X (anciennement Twitter).

Une série noire de frappes mortelles
Ce drame n’est pas un cas isolé. Depuis 2022, au moins deux autres frappes aériennes ont tué des civils dans le même État de Zamfara. En janvier 2025, 16 civils ont été tués dans une autre opération militaire. En décembre 2023, une frappe à Tudun Biri (État de Kaduna) a fait au moins 85 morts parmi des fidèles musulmans rassemblés pour une célébration religieuse. Le bilan le plus lourd remonte à janvier 2017, lorsqu’une frappe à Rann a tué 112 civils dans un camp de déplacés.
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Conflits persistants et réponses controversées
Le nord-ouest du Nigeria est en proie depuis des années à des groupes armés, qualifiés de « bandits », qui pillent, kidnappent et terrorisent les populations rurales. Dans le nord-est, bien que les groupes jihadistes aient perdu du terrain, leurs attaques dans les zones reculées se poursuivent.
Face à ces menaces, l’armée nigériane opte souvent pour des frappes aériennes, une stratégie de plus en plus critiquée en raison de son imprécision et de son coût humain.
Une urgence de revoir les méthodes
Cette nouvelle bavure remet en question l’efficacité et l’éthique des opérations militaires dans les zones civiles. Entre la lutte contre le banditisme et la protection des populations, le Nigeria semble toujours pris dans un dilemme tragique. Pour de nombreuses familles endeuillées, le prix de la sécurité devient insupportable.
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