Togo
Des milliers de jeunes déjà morts dans leur tête : Gerry Taama alerte sur la détresse d’une génération sacrifiée au Togo
Dans une tribune poignante, Gerry Taama met en lumière l’angoisse profonde qui mine la jeunesse togolaise. À ses yeux, le pays est confronté à une génération qui ne rêve plus, ne croit plus en l’avenir et sombre dans une forme de mort psychologique. « Que veut dire avoir 20 ans aujourd’hui pour un jeune Togolais ? », interroge-t-il, avant de répondre lui-même : « C’est le désespoir. »

Chaque année, 100 000 jeunes arrivent sur le marché de l’emploi. Mais avec une fonction publique qui n’en absorbe que 2 000 et un secteur privé tout aussi limité, la majorité est condamnée à errer dans l’informel, sans financement, sans perspective, et sans espoir.
Le rêve interdit : partir, mais pour aller où ?
Beaucoup n’ont plus qu’un seul rêve : partir. Mais même ce rêve est souvent inaccessible. Entre visas impossibles, moyens limités et frontières fermées, les jeunes sont coincés dans une réalité oppressante. Ceux qui choisissent de rester, souvent par patriotisme ou attachement au pays, constatent chaque jour un peu plus qu’ils tournent en rond dans un système verrouillé.
Cette impasse génère un climat anxiogène. « La dépression est là, omniprésente », déplore Gerry Taama, qui décrit des jeunes « irascibles, perdus, ratatinés » face à une absence totale de repères.
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Trois pistes de sortie proposées par Gerry Taama
Face à cette urgence sociale et psychologique, Gerry Taama propose trois solutions concrètes :
- Restaurer l’espoir : Par un dialogue sincère entre les dirigeants et les citoyens. Il appelle à reconnecter les sphères du pouvoir à la réalité du terrain.
- Écouter vraiment les jeunes : Pas de faux dialogues, mais des passerelles où les décideurs tombent la veste pour entendre les véritables cris du cœur.
- Créer des perspectives : Accompagner les jeunes, valoriser les talents et les potentiels, offrir des modèles de réussite en dehors du militantisme politique.

Aamron, symbole d’un mal profond
Le cas du jeune Aamron, récemment au cœur de l’actualité togolaise, incarne ce mal-être. « Je suis déjà mort, plus rien n’a d’importance », disait-il dans ses vidéos. Un cri glaçant, mais révélateur d’un état d’esprit généralisé. Gerry Taama prévient : si rien ne change, des milliers d’autres Aamron surgiront, hurlant leur détresse.
La réforme constitutionnelle : une étincelle dans la poudrière
La récente réforme supprimant l’élection présidentielle au suffrage universel est, selon lui, une bombe psychologique. L’espoir d’alternance s’est évaporé pour beaucoup. « Plus aucune projection positive dans le futur n’est possible », déclare-t-il, redoutant une « sidération collective » chez ceux qui croyaient encore au changement démocratique.
« Il faut restaurer l’espoir »
En conclusion, Gerry Taama avertit que la répression ne suffira pas face à une génération qui se considère déjà comme morte. Seules des mesures courageuses, humaines et immédiates peuvent éviter une implosion sociale. Il en appelle à une prise de conscience urgente : « Il faut restaurer l’espoir. »
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