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Débat polémique au Ghana : une femme musulmane défend la polygamie et choque avec sa phrase
Les propos de Jibril Rafatu, une Ghanéenne très suivie sur les réseaux sociaux, ont provoqué une vague de réactions passionnées au Ghana et au-delà. Dans une publication Facebook devenue virale, elle a déclaré qu’un homme musulman riche n’appartient pas à une seule femme, mais à plusieurs. Une affirmation qui, selon elle, s’appuie à la fois sur la foi musulmane et sur les traditions ancestrales de sa tribu, où la polygamie existait bien avant l’arrivée de l’islam.
Pour Rafatu, cette vision du mariage ne devrait pas être perçue comme une injustice envers les femmes, mais plutôt comme une réalité culturelle et religieuse que beaucoup refusent encore d’accepter.
La foi et la tradition au cœur de sa vision
Dans son message, Jibril Rafatu explique qu’en tant que femme musulmane célibataire, elle a appris à comprendre et à accepter la polygamie.
« Même avant l’islam, ma tribu la pratiquait. Le comprendre m’aide à rester lucide », écrit-elle.
Elle estime que le rôle d’une femme dans la réussite de son mari ne doit pas être assimilé à une possession émotionnelle ou matérielle. Selon elle, la femme doit pouvoir soutenir son époux tout en gardant son indépendance morale et financière.
« Quand tu aides un homme à se construire, souviens-toi que tu ne peux pas l’empêcher de prendre une autre femme simplement parce que tu étais là depuis le début », poursuit-elle.
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Un message de lucidité et de réalisme
Pour Rafatu, la polygamie n’est pas un combat à mener, mais une réalité à gérer. Cette phrase, devenue virale, résume l’esprit de son discours.
Elle appelle les femmes à adopter une attitude plus pragmatique face au mariage, en privilégiant leur développement personnel plutôt que la jalousie ou la rivalité.
« Aide ton homme si tu veux, mais fais-le avec sagesse, pas avec attachement. Concentre-toi d’abord sur ta propre croissance », conseille-t-elle.
Son message invite donc les femmes à ne pas se perdre dans le sacrifice ou la dépendance affective, mais à s’affirmer dans leur propre cheminement, même dans un cadre polygame.
Entre provocation et leçon de vie
La publication de Jibril Rafatu n’a pas manqué de diviser les internautes. Certains ont salué son courage et la sincérité de son propos, la considérant comme une voix réaliste qui ose dire tout haut ce que d’autres pensent tout bas.
D’autres, en revanche, ont jugé son message choquant et rétrograde, estimant qu’il perpétue une vision patriarcale du mariage.
Cependant, sa réflexion met en lumière un débat ancien mais toujours sensible : celui de la place de la femme dans un mariage polygamique, entre choix personnel, contraintes religieuses et réalités socio-culturelles.
Une position héritée de sa mère
Pour conclure son message, Rafatu évoque l’enseignement reçu de sa défunte mère, symbole de sagesse et de résilience :
« Ma mère m’a appris qu’on ne peut pas combattre la polygamie, on ne peut que la gérer. »
Cette phrase résonne comme une leçon intergénérationnelle dans certaines sociétés africaines où la polygamie reste ancrée. Entre modernité et tradition, foi et liberté individuelle, le discours de Jibril Rafatu relance une fois de plus le débat sur la manière dont les femmes africaines perçoivent l’amour, le mariage et leur autonomie dans un contexte religieux et culturel souvent complexe.
