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Congo Kinshasa et Brazzaville frappées par des pluies torrentielles causant plus de 33 morts
Ce samedi, les capitales voisines de la République démocratique du Congo (RDC) et du Congo-Brazzaville ont été frappées par des inondations soudaines et meurtrières. Au moins 22 personnes ont perdu la vie, dont 19 à Kinshasa et 3 à Brazzaville, après des pluies d’une rare intensité, tombées en pleine saison sèche.

Un bilan humain et matériel déjà lourd
À Kinshasa, le ministre provincial de l’Intérieur, Thierry Kabuya, a annoncé un bilan provisoire de 19 morts, principalement enregistrés dans la commune de Ngaliema (17 décès), et deux autres à Lemba. La commune de Matete, quant à elle, a vu plus de 500 ménages submergés.
Les dégâts matériels sont également considérables : routes endommagées, habitations inondées, et infrastructures affaiblies. Des images partagées sur les réseaux sociaux montrent des quartiers totalement sous les eaux, avec des habitants contraints d’évacuer à la hâte.
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Une saison sèche perturbée par des vents tropicaux
Ce phénomène climatique est d’autant plus préoccupant qu’il intervient au cœur de la saison sèche, habituellement marquée par une faible pluviométrie. Selon Augustin Tagisabo, chef de division au centre météorologique national de la Mettelsat, il s’agit d’un événement « extraordinaire », attribué à une « saison sèche femelle ».
« Un vent venu du nord-ouest, en provenance du Golfe de Guinée, a transporté d’importantes masses d’humidité sur l’Afrique centrale », explique l’expert. Ce flux traverse le Gabon, le Congo-Brazzaville et Kinshasa, provoquant des précipitations inhabituelles en cette période.
L’agence de météorologie met en garde contre d’éventuelles nouvelles précipitations si le flux se maintient, et surveille activement l’évolution du phénomène.
Brazzaville sous l’eau, les habitants pris de court
De l’autre côté du fleuve, Brazzaville n’a pas été épargnée. Au moins trois morts ont été recensés dans la capitale congolaise. Dans plusieurs quartiers comme Massengo et Mikalou, les dégâts sont impressionnants. Routes submergées, conduites d’eau arrachées, bitumes ravinés : les infrastructures ont cédé sous la violence des eaux.
Sur place, l’improvisation règne. Pour traverser les avenues inondées, des jeunes proposent de porter les piétons sur leur dos contre rémunération, ou utilisent des pirogues artisanales.

« Il y avait la pluie. Subitement, ici, ça a été l’embuscade », raconte un habitant de Massengo, abasourdi par la rapidité de la montée des eaux.
Le signal d’un dérèglement climatique plus profond ?
Les habitants des deux rives sont unanimes : ces pluies en pleine saison sèche sont inédites et inquiétantes. Beaucoup y voient une manifestation directe du changement climatique.
« Chez moi, la nuit a été un calvaire. Les voisins m’ont demandé de sortir, mais avec le tonnerre, j’avais peur », confie un résident de Brazzaville, encore sous le choc.
Les autorités locales appellent à la vigilance, tandis que les agences de météorologie poursuivent leur veille climatique, face à un phénomène qui pourrait se répéter ou s’intensifier.
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