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Togo : Sept localités côtières bientôt protégées par WACA , le littoral togolais est-il en train de disparaître en silence ?
Au Togo, la mer avance inexorablement, grignotant chaque année entre 5 et 20 mètres de côte selon les zones. Cette érosion côtière met en péril des milliers de familles, détruit des infrastructures, engloutit des terres agricoles et menace les écosystèmes. Face à l’urgence, le gouvernement togolais, avec le soutien de plusieurs partenaires internationaux, a enclenché une riposte ambitieuse. Le projet de protection côtière, inscrit dans le cadre du programme régional WACA (West Africa Coastal Areas), va transformer le visage du littoral togolais d’ici à fin 2026.

Un projet structurant financé à hauteur de 34 milliards FCFA
Ce programme, dont la mise en œuvre est rendue possible grâce à un financement global de 34 milliards de francs CFA, bénéficie du soutien de la Banque mondiale, de l’Agence française de développement (AFD) et de l’organisme néerlandais Invest International. Ensemble, ces partenaires veulent renforcer la résilience du littoral face aux effets du changement climatique et à la pression humaine.
Le projet s’étendra sur sept localités côtières togolaises, touchant directement plus de 8 000 ménages. Il concerne notamment les zones critiques entre Gbodjomé, Agbodrafo et Goumoucopé, sur un linéaire côtier de 7 kilomètres, particulièrement exposé aux vagues de submersion.
Des travaux d’envergure confiés à une entreprise néerlandaise
C’est l’entreprise Boskalis, spécialisée dans les travaux maritimes, qui a été sélectionnée pour exécuter les travaux sur une durée de 18 mois. Le chantier prévoit une série d’interventions techniques lourdes, dont :
- La construction de 22 épis en mer pour freiner l’érosion hydrodynamique,
- L’apport de 150 000 m³ d’enrochement pour stabiliser les ouvrages,
- Le dépôt de 800 000 m³ de sable pour reconstituer les plages,
- Le rechargement des bras lagunaires d’Aného, menacés d’ensablement.
Ces ouvrages permettront de réduire l’intensité de l’action des vagues sur les côtes et de rétablir un équilibre sédimentaire dans les zones ciblées.
Une dimension écologique forte et une approche durable
Au-delà des aménagements physiques, le projet WACA au Togo mise aussi sur la résilience écologique. Un volet important prévoit le reboisement de 10 hectares en cocotiers, plante emblématique du littoral, mais surtout protectrice naturelle contre le vent et l’érosion. Cette mesure vise à restaurer les écosystèmes côtiers dégradés et à créer un effet tampon entre la mer et les habitations.

Des actions de sensibilisation des populations locales, d’implication communautaire et de formation à la gestion durable du littoral accompagneront les infrastructures physiques. Il s’agit de s’assurer que les communautés bénéficiaires comprennent l’intérêt du projet et participent activement à sa pérennisation.
Une réponse à un enjeu sous-régional
Le programme WACA, lancé par la Banque mondiale, concerne plusieurs pays du Golfe de Guinée dont le Bénin, le Sénégal, la Côte d’Ivoire, le Ghana et le Togo. Il s’attaque à un défi partagé dans la sous-région : celui de la dégradation rapide des zones côtières, souvent densément peuplées et économiquement vitales. Au Togo, environ 40 % de la population vit à moins de 100 km du littoral.
Avec ce projet, le pays espère non seulement freiner l’avancée de la mer, mais aussi créer des conditions favorables au développement local : protection des routes, des écoles, des habitations, sauvegarde des zones touristiques et préservation de la biodiversité marine.
Une avancée majeure, mais encore beaucoup à faire
Si le projet WACA constitue une avancée majeure dans la lutte contre l’érosion côtière, il ne résout pas encore l’ensemble des défis environnementaux auxquels le Togo est confronté. La montée du niveau de la mer, liée au changement climatique, nécessite une planification à long terme, des financements durables, ainsi qu’une coordination renforcée entre les pays côtiers.
Mais pour les milliers de familles vivant à Gbodjomé, Agbodrafo ou Goumoucopé, ce programme est d’abord un espoir concret de sauvegarde. Un projet qui allie ingénierie, écologie et solidarité internationale pour donner un futur à des communautés longtemps oubliées au bord de l’eau.
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