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CEDEAO vs AES : Un bras de fer diplomatique à hauts risques pour l’Afrique de l’Ouest
Le 29 juillet marque une échéance symbolique, mais sans surprise : le délai de six mois laissé au Mali, au Burkina Faso et au Niger pour reconsidérer leur retrait de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO ) est arrivé à son terme. Les trois pays membres de l’Alliance des États du Sahel (AES), qui avaient annoncé leur départ en janvier 2025, n’ont montré aucun signe de recul.

Des effets limités sur le terrain
Malgré cette rupture formelle, la réalité quotidienne reste peu bouleversée. Les citoyens des trois pays continuent de voyager à l’intérieur de la région avec leurs documents Cédéao, et les échanges commerciaux persistent. La principale conséquence visible est le licenciement progressif des fonctionnaires maliens, burkinabè et nigériens exerçant dans les institutions de la Cédéao. Ils devront avoir quitté leurs postes d’ici fin septembre.
Des négociations discrètes et peu concluantes
En mai dernier, une réunion à Bamako entre des représentants de l’AES et le président de la Commission de la Cédéao avait laissé entrevoir un début de dialogue. Mais depuis, silence radio. Les discussions, menées à un niveau technique, n’ont donné lieu à aucune annonce officielle, accentuant l’incertitude ambiante.

Un divorce aux lourdes implications
Derrière ce bras de fer diplomatique se cachent des enjeux majeurs : libre circulation des personnes, continuité des programmes régionaux, remboursement des dettes envers la Banque d’investissement et de développement de la Cédéao (BIDC), ou encore maintien des investissements transfrontaliers. L’AES, bien qu’en rupture avec la Cédéao, espère maintenir certains bénéfices de l’intégration sous-régionale, sans en respecter les engagements politiques.
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Une Cédéao fragilisée
Pour le politologue malien Baba Dakono, la priorité est de limiter l’impact du retrait sur les populations et les flux économiques. Mais il s’inquiète également des conséquences sur la stabilité de la Cédéao elle-même. Déjà fragilisée par des divergences internes, l’organisation est de plus en plus contestée, dans un contexte sécuritaire tendu où la menace jihadiste s’étend vers les côtes.
Vers un long processus incertain
Comme le rappelle l’analogie avec le Brexit, la sortie d’un bloc régional est toujours un processus complexe et lent. Il avait fallu près de quatre ans au Royaume-Uni pour formaliser son départ de l’Union européenne. Dans le cas de l’AES, l’absence de transparence et de calendrier clair ajoute à la confusion. La question reste entière : ce divorce politique peut-il être consommé sans chaos, et avec un minimum de coopération régionale préservée ?
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