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« Adokougbi » formellement interdit au Ghana : Les togolais avertis

« Adokougbi » formellement interdit au Ghana : panique au Togo ?

Au Ghana comme au Togo, ils sont connus sous différents noms : « tsofi » chez les Ghanéens, « adokougbi » chez les Togolais. Pourtant, derrière leur popularité dans les rues et les petits restaurants se cache une réalité beaucoup plus inquiétante.

Les croupions de dinde, officiellement interdits depuis plusieurs années dans les deux pays, continuent d’être consommés massivement malgré les mises en garde répétées des autorités sanitaires.

Très appréciés pour leur goût, leur prix accessible et leur côté croustillant une fois frits, ces morceaux de volaille sont devenus de véritables stars de la restauration populaire, souvent vendus discrètement au bord des routes ou dans les marchés.

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Une interdiction vieille de plusieurs décennies

Au Ghana, la vente des croupions de dinde est interdite depuis 1999. Les autorités sanitaires ghanéennes estiment que cette viande présente des risques importants pour la santé publique.

Selon la Food and Drugs Authority (FDA), les analyses réalisées ont montré une teneur excessive en matières grasses, largement au-dessus du seuil autorisé de 15 % fixé par la réglementation alimentaire nationale.

Au Togo, l’importation et la commercialisation de ces produits sont également interdites depuis 2004. Mais dans les faits, l’interdiction semble difficile à appliquer.

Dans plusieurs quartiers populaires de Lomé et dans certaines villes frontalières, les « adokougbi » restent faciles à trouver dans les gargotes et les restaurants de rue.

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Des risques sanitaires qui inquiètent

Les autorités sanitaires ghanéennes alertent régulièrement sur les conséquences d’une consommation fréquente de ces produits.

Selon Roderick Daddey-Adjei, les croupions de dinde ne contiennent pas seulement un excès de graisses saturées. Ils pourraient également contenir des résidus de médicaments vétérinaires utilisés dans l’élevage intensif des volailles.

Les spécialistes de santé publique redoutent notamment une augmentation des maladies cardiovasculaires, de l’hypertension, de l’obésité et du cholestérol élevé chez les consommateurs réguliers.

Certaines études internationales sur les aliments ultra-gras montrent également qu’une alimentation fortement riche en graisses saturées peut favoriser les risques d’accidents vasculaires cérébraux et de certains cancers.

« Le problème de l’accumulation du cholestérol dans l’organisme peut avoir de graves conséquences à long terme », avertissent les responsables sanitaires ghanéens.

Le commerce continue malgré les saisies

Malgré les interdictions officielles, le commerce des croupions de dinde reste florissant.

Les voyageurs qui empruntent régulièrement la route Aflao-Accra connaissent bien le phénomène. À plusieurs arrêts stratégiques, notamment dans la zone de Sogakope, des vendeuses se précipitent vers les bus avec des bassines de croupions frits encore fumants.

Les autorités reconnaissent elles-mêmes leurs difficultés à stopper totalement le trafic.

Selon la FDA, les permis officiels d’importation ont été suspendus depuis longtemps. Mais les produits continuent d’entrer sur le territoire via des cargaisons dissimulées ou des circuits clandestins passant par certaines frontières poreuses de la sous-région.

En 2023, des opérations menées conjointement par la FDA et la police ghanéenne dans les localités de Suhum et Nsawam avaient permis la saisie de plusieurs cartons de croupions de dinde ainsi que l’arrestation de vendeurs.

Mais face aux contrôles, les commerçants se sont progressivement tournés vers des réseaux informels et le marché noir, compliquant davantage la traque des produits.

Pourquoi les populations continuent d’en consommer

Malgré les alertes sanitaires, la demande reste forte.

Pour beaucoup de consommateurs, les croupions de dinde représentent une viande peu coûteuse comparée aux autres protéines animales. Leur goût gras et croustillant séduit particulièrement dans les quartiers populaires.

Certains restaurateurs expliquent également que ces produits permettent de proposer des repas à bas prix dans un contexte économique difficile.

D’autres consommateurs reconnaissent connaître les risques sanitaires, mais estiment ne pas avoir les moyens de privilégier des aliments plus coûteux.

Une bataille entre santé publique et réalités économiques

L’affaire des « tsofi » ou « adokougbi » révèle finalement un problème plus large : celui de l’équilibre entre santé publique, pauvreté et habitudes alimentaires dans plusieurs pays africains.

Pendant que les autorités multiplient les campagnes de sensibilisation, les consommateurs continuent de se tourner vers ces produits bon marché pour survivre au quotidien.

Et une question continue d’alimenter les débats dans les rues comme sur les réseaux sociaux : si les croupions de dinde sont réellement interdits, comment continuent-ils à traverser les frontières et à se retrouver aussi facilement dans les assiettes ?

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