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92 ans et candidat encore : Paul Biya promet des emplois aux jeunes s’il est réélu !
Le ton est donné au Cameroun. Après plusieurs semaines de silence et de spéculations, Paul Biya, 92 ans et au pouvoir depuis plus de quatre décennies, a officiellement lancé sa campagne présidentielle devant une foule en liesse. Promettant des emplois pour les jeunes, une sécurité renforcée et des infrastructures modernisées, le président mise sur des engagements forts pour conserver son fauteuil. Un retour en scène stratégique, dans un contexte politique marqué par une opposition fragmentée et une population en quête de perspectives.
Un discours tourné vers la jeunesse et la sécurité
« Mon objectif, mes chers concitoyens, est que chaque jeune, où qu’il soit, ait des opportunités pour trouver un emploi ou devenir entrepreneur », a déclaré Paul Biya sous les applaudissements nourris du public. Dans une région fréquemment ciblée par les attaques de Boko Haram, le président a également mis en avant la nécessité d’une sécurité renforcée pour assurer le développement économique.
L’Extrême-Nord, qui compte environ 20 % des 8,2 millions d’électeurs camerounais, constitue un enjeu électoral majeur. C’est aussi une zone où les infrastructures restent limitées et les perspectives économiques restreintes, poussant de nombreux jeunes vers l’exode ou la précarité. En ciblant cette région en premier lieu, le président Biya cherche à consolider un électorat décisif.
Un retour sur la scène politique après un long silence
L’apparition publique de Paul Biya tranche nettement avec les semaines précédentes, marquées par une relative discrétion. Son séjour en Suisse avait relancé les spéculations sur son état de santé, dans un pays où toute information concernant le président est soigneusement contrôlée. Ce retour en force à Maroua est donc perçu comme une démonstration de vitalité politique, destinée à rassurer sa base et à réaffirmer son autorité.
Une opposition divisée et affaiblie
Malgré un contexte social et économique difficile avec près de 43 % de la population vivant sous le seuil de pauvreté Paul Biya conserve une emprise quasi totale sur le pouvoir. Son principal opposant, Maurice Kamto, a été exclu du scrutin en août, privant ainsi l’électorat d’une alternative forte. Face à lui, neuf candidats issus de l’opposition se présentent en ordre dispersé, incapables jusqu’à présent de fédérer leurs forces autour d’un projet commun.
Parmi eux figurent des figures connues comme Bello Bouba Maigari et Issa Tchiroma Bakary, deux anciens alliés du président. Cependant, leurs divisions idéologiques et stratégiques affaiblissent considérablement leurs chances de peser réellement dans le scrutin.
Un pouvoir verrouillé depuis des décennies
Paul Biya, 92 ans, est aujourd’hui le plus ancien chef d’État en exercice dans le monde. Depuis son accession au pouvoir en 1982, il a survécu à plusieurs crises politiques internes, consolidé progressivement son autorité et modifié la Constitution en 2008 pour supprimer la limitation des mandats présidentiels. Cette réforme a ouvert la voie à une présidence sans limite temporelle, alimentant les critiques d’un pouvoir autoritaire verrouillé.
Les élections camerounaises sont régulièrement entachées de soupçons de fraudes massives, un facteur qui renforce la méfiance d’une partie de la population et de la communauté internationale. Malgré cela, le président reste solidement installé, porté par un système politique qui lui est largement acquis.
Vers un scrutin décisif pour l’avenir du Cameroun
Le lancement officiel de la campagne marque le début d’une séquence électorale cruciale pour le Cameroun. Dans un contexte de défis sécuritaires, économiques et sociaux, les promesses de Paul Biya visent à mobiliser une population jeune en quête de perspectives. Reste à savoir si ces engagements suffiront à convaincre un électorat souvent désabusé, ou si une dynamique alternative pourra émerger malgré l’opposition fragmentée.
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Source : lomeactu
