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Cameroun sous tension : Internet coupé avant le verdict électoral !
Alors que le Cameroun attend fébrilement la proclamation officielle des résultats de l’élection présidentielle, le pays s’enfonce dans une zone d’ombre numérique. Depuis jeudi, l’accès à Internet est fortement restreint sur l’ensemble du territoire, une coupure qui alimente la colère et les soupçons de manœuvres politiques. Entre perturbations massives, tension post-électorale et contestation croissante, la situation devient explosive.
Internet coupé, colère amplifiée
Dans plusieurs grandes villes du Cameroun, les internautes signalent depuis le 24 octobre une perte quasi totale de connectivité. Les plateformes sociales, les messageries et même les sites d’information sont inaccessibles.
Selon NetBlocks, une organisation internationale qui surveille la censure numérique, la restriction est d’ampleur nationale et affecte même certains pays voisins interconnectés aux réseaux camerounais.
Les opérateurs de téléphonie, eux, invoquent un problème technique : un câble sous-marin aurait été endommagé. Mais cette explication ne convainc pas. Les spécialistes rappellent que le Cameroun dispose de plusieurs liaisons maritimes redondantes, rendant improbable une coupure totale d’origine technique.
Pour beaucoup de citoyens, cette panne soudaine est une manœuvre orchestrée par les autorités afin de contrôler l’information et limiter les mobilisations. « C’est une tentative claire de museler le peuple », dénonce un activiste joint par téléphone satellite depuis Douala.
Un scrutin sous haute tension
Les tensions ne cessent de croître depuis le scrutin présidentiel du 12 octobre 2025. Le Conseil constitutionnel a repoussé la proclamation des résultats au 27 octobre, invoquant des recours en cours d’examen. Ces contestations, introduites par plusieurs partis d’opposition, ont toutes été rejetées.
Dans le même temps, les deux principaux protagonistes du scrutin revendiquent chacun la victoire :
- Paul Biya, 92 ans, au pouvoir depuis 1982, assure avoir obtenu une « majorité claire et indiscutable » ;
- Issa Tchiroma, 76 ans, figure de l’opposition, parle d’un « hold-up électoral sans précédent ».
Les manifestations pacifiques se multiplient à Yaoundé, Douala et Garoua, malgré la présence renforcée des forces de sécurité. Plusieurs ONG locales alertent sur un risque de répression et appellent à la transparence totale du processus électoral.
Un pays suspendu à un verdict crucial
L’atmosphère au Cameroun est aujourd’hui celle d’un pays en attente. Les institutions appellent au calme, tandis que la population reste sur le fil.
Le RDPC, parti présidentiel, exhorte les citoyens à « faire confiance au processus démocratique » et à éviter les débordements. Mais dans les rues, le mot d’ordre est clair : « Nous voulons la vérité des urnes ».
À mesure que la coupure d’Internet isole davantage le pays, le risque d’escalade augmente. Les experts redoutent que ce blackout numérique serve de couverture à des arrestations ou à des violences politiques.
Pour l’heure, les regards restent tournés vers le Conseil constitutionnel, dont la décision, prévue le 27 octobre, pourrait redessiner le paysage politique camerounais. Entre inquiétude, incertitude et colère, le Cameroun retient son souffle.
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