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Visas américains : la crainte grandit au Sénégal face aux menaces de restrictions
Dakar L’inquiétude monte au Sénégal après les révélations sur une possible extension des restrictions de visas par l’administration américaine. Selon des informations relayées par The Washington Post et Reuters, les États-Unis envisagent de renforcer leurs exigences migratoires vis-à-vis de 36 pays, dont 25 en Afrique. Le Sénégal figure parmi les États concernés, suscitant une onde de choc chez les citoyens régulièrement en lien avec le territoire américain.

Des projets académiques menacés
Moussa Thiam, doctorant en médecine, est rentré récemment d’un séjour d’études à Chicago. Pour ce jeune chercheur, ces nouvelles restrictions pourraient ruiner des années d’efforts.
« Ce serait un énorme frein. On a investi du temps, de l’énergie et trouvé un partenariat avec l’université Northwestern. Si tout cela s’arrête, on repart de zéro », confie-t-il avec amertume.
Comme lui, de nombreux étudiants sénégalais entretiennent des relations académiques fortes avec les États-Unis, souvent perçus comme une terre d’opportunités et de savoir.
Des entrepreneurs déstabilisés
Les retombées d’une telle mesure ne s’arrêtent pas au monde académique. Boubacar Djiba, entrepreneur dans l’intelligence artificielle et les industries culturelles, redoute un ralentissement brutal des échanges économiques.
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« Les États-Unis, c’est un écosystème à explorer, à rencontrer des investisseurs, à chercher des opportunités. Limiter les visas, c’est casser cet élan », déplore-t-il.
Les start-ups sénégalaises, en pleine effervescence, voient dans ces restrictions une barrière à leur ouverture internationale.
Une incompréhension partagée
La possible inclusion du Sénégal sur une « liste noire » provoque également une incompréhension générale.

« Le Sénégal est un pays stable, reconnu pour sa paix. Pourquoi cette sanction ? Nous n’avons jamais été associés à des actes de violence ou de terrorisme », s’interroge Moussa Thiam.
Selon l’administration américaine, les pays visés souffriraient de déficiences dans la fiabilité des documents d’identité ou de taux élevés de dépassement de visas. Des accusations que Dakar n’a pas encore officiellement commentées.
Un compte à rebours lancé
Les pays concernés ont jusqu’au 18 juin pour proposer un plan d’action. Un ultimatum de 60 jours sera ensuite imposé pour se conformer aux nouvelles exigences, sous peine d’interdiction totale ou partielle d’entrée sur le sol américain.
D’ici là, étudiants, chercheurs et entrepreneurs retiennent leur souffle, dans l’espoir que leurs ambitions ne soient pas sacrifiées sur l’autel de la sécurité migratoire.
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