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Guinée-Bissau : le Sénégal hausse le ton et exige la libération immédiate des prisonniers politiques
Près d’un mois après le coup d’État en Guinée-Bissau du 26 novembre, la pression diplomatique s’intensifie sur la junte militaire au pouvoir. Ce dimanche 21 décembre, le Sénégal a officiellement exigé la libération de toutes les personnes détenues depuis le renversement du président Umaro Sissoco Embaló, dans un contexte régional marqué par la crainte d’un nouvel enlisement politique.
Une délégation sénégalaise de haut niveau, conduite par le ministre des Affaires étrangères Cheikh Niang et le ministre de la Défense, le général Birame Diop, s’est rendue à Bissau afin de renouer le dialogue avec les autorités militaires.
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Dakar plaide pour un retour rapide à l’ordre constitutionnel
Cette visite intervient après le refus des autorités bissau-guinéennes d’accueillir une mission des chefs d’état-major de la Cédéao, attendue dans la capitale. Malgré ce climat de tension, Cheikh Niang a qualifié les échanges avec la junte de « très fructueux », précisant qu’ils ont duré près de trois heures.
« Le Sénégal est venu réitérer sa détermination à accompagner la Guinée-Bissau vers un retour rapide à la normalité », a déclaré le chef de la diplomatie sénégalaise.
Parmi les propositions phares figure la libération immédiate de tous les prisonniers arrêtés depuis le coup d’État, un geste jugé indispensable pour apaiser les tensions et restaurer la confiance.
Une transition politique sous étroite surveillance régionale
Le Sénégal a également insisté sur la nécessité d’une transition encadrée par la communauté internationale, impliquant la Cédéao, l’Union africaine, les Nations unies et la CPLP. Cette démarche vise à éviter une prolongation du pouvoir militaire dans un pays historiquement fragilisé par des crises politiques récurrentes.
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Pour rappel, le putsch du 26 novembre est intervenu à la veille de la proclamation des résultats des élections présidentielle et législatives. Depuis, la junte a nommé le général Horta N’Tam(un proche de l’ancien président) à la tête d’une transition annoncée pour une durée d’un an.
La Cédéao, de son côté, maintient la pression et menace d’imposer des sanctions ciblées contre toute personne entravant le retour à un régime civil. Entre médiation diplomatique et fermeté régionale, le Sénégal tente de jouer un rôle clé pour éviter une nouvelle rupture durable de l’ordre constitutionnel en Guinée-Bissau.
Source : RFI / AFP
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