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Tunisie : un nouveau procès pour complot contre l’État vise Ghannouchi et Chahed
La Tunisie a ouvert un nouveau procès pour complot contre la sûreté de l’État, baptisé « Complot 2 ». Parmi la vingtaine d’accusés, on retrouve des figures politiques de premier plan : Rached Ghannouchi, président du parti islamiste Ennahdha et ancien président du Parlement, ainsi que Youssef Chahed, ex-chef du gouvernement tunisien.

Ils sont soupçonnés, avec d’autres personnalités, de former une entente liée à des crimes terroristes. Le dossier d’instruction évoque la mise en place d’un « appareil sécuritaire secret » au sein d’Ennahdha, vainqueur des premières élections post-révolutionnaires de 2011.
Une audience à distance et une défense protestataire
La première audience de ce procès très médiatisé s’est tenue par visioconférence. Seuls quatre accusés détenus ont pu y participer, provoquant l’indignation de la défense. Les avocats ont exigé un report de l’audience et la présence physique des accusés au tribunal, dénonçant des conditions de procès jugées inéquitables.
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Ce procès s’ajoute à une série de jugements similaires engagés par la justice tunisienne depuis plusieurs mois. Rached Ghannouchi, déjà condamné à 22 ans de prison dans l’affaire dite « Instalingo », figure parmi les accusés les plus emblématiques.

Une justice sous pression internationale
Les réactions internationales ne se sont pas fait attendre. Le Haut-Commissariat des Nations unies aux droits de l’homme a évoqué des violations graves du droit à un procès équitable. Des pays comme la France et l’Allemagne, ainsi que plusieurs ONG internationales, accusent la justice tunisienne d’être instrumentalisée à des fins politiques.
Face à ces critiques, le président Kais Saied a réagi fermement, dénonçant ce qu’il considère comme des « ingérences flagrantes » dans les affaires internes de la Tunisie.
Une opposition muselée, mais toujours mobilisée
Malgré cette vague de répression, l’opposition ne baisse pas les bras. Le Front du salut national, principale coalition opposée au pouvoir actuel, continue de réclamer la libération immédiate de tous les détenus politiques et dénonce un climat de répression croissante dans le pays.
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