Entrepreneuriat
Togo : un étudiant de l’Université de Lomé invente incroyablement un tricycle électrique
La recherche scientifique togolaise continue de faire émerger des initiatives innovantes. À la Université de Lomé, un étudiant ingénieur a développé un prototype de tricycle électrique destiné au transport urbain, une solution qui pourrait contribuer à réduire la pollution et améliorer la mobilité dans les villes africaines.
Le projet est l’œuvre de Josué Smith Mahulé Avikpo, étudiant en master professionnel au Centre d’Excellence Régional pour la Maîtrise de l’Électricité. Dans le cadre de son mémoire de fin de formation en ingénierie électrique, il a conçu et réalisé un tricycle électrique capable de transporter plusieurs passagers.
La soutenance de ce travail académique s’est tenue le 4 mars 2026 dans les locaux du centre de recherche, sur le campus universitaire.

Une alternative écologique aux tricycles thermiques
Intitulé « Étude, conception et réalisation d’un tricycle électrique pour la mobilité verte : atténuation des émissions de gaz à effet de serre avec évaluation des crédits carbone », le mémoire s’inscrit dans une approche de recherche appliquée orientée vers la transition énergétique.
L’objectif est de proposer une alternative plus écologique aux tricycles à moteur thermique, communément appelés « tuk-tuk », très utilisés dans plusieurs villes togolaises pour le transport de proximité.
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Fonctionnant au carburant, ces véhicules contribuent à la pollution de l’air et aux émissions de gaz à effet de serre. Le prototype électrique développé vise donc à réduire l’empreinte carbone du transport urbain tout en restant adapté aux réalités économiques locales.
Des performances adaptées aux besoins urbains
Le tricycle électrique conçu par l’étudiant togolais présente des caractéristiques techniques prometteuses pour le transport urbain.
Le véhicule peut transporter jusqu’à cinq personnes et supporter une charge maximale d’environ 500 kilogrammes. Il est équipé d’un moteur électrique synchrone à aimants permanents d’une puissance de 1200 watts.
Le système énergétique repose sur une batterie lithium-fer-phosphate (LiFePO₄) de 130 ampères-heures, réputée pour sa durabilité et sa sécurité.
Grâce à cette configuration, le prototype peut atteindre une vitesse moyenne de 40 km/h avec une autonomie estimée à près de 162 kilomètres, des performances bien adaptées aux déplacements urbains quotidiens.
Un projet aux bénéfices environnementaux et économiques
Les résultats de l’étude montrent que l’utilisation de ce type de tricycle électrique pourrait permettre d’éviter environ 3,1 tonnes d’émissions de CO₂ par an comparativement à un tricycle thermique classique.
Cette réduction ouvre également la voie à la possibilité de générer des crédits carbone, un mécanisme financier qui pourrait soutenir le développement de solutions de mobilité propre.
Sur le plan économique, le projet se révèle également compétitif. Le coût de transport est estimé à environ 18 francs CFA par kilomètre et par passager, un tarif inférieur à celui des tricycles fonctionnant à l’essence.
Une phase d’expérimentation prévue sur le campus
Afin d’évaluer les performances du prototype dans des conditions réelles, une phase pilote devrait être lancée sur le campus de l’Université de Lomé.
Le tricycle pourrait notamment assurer le transport des étudiants entre les zones nord et sud du campus, un trajet quotidien emprunté par de nombreux usagers.
Cette expérimentation permettra de tester la fiabilité du véhicule et d’apporter d’éventuelles améliorations avant une diffusion plus large.
L’Université de Lomé au cœur de l’innovation énergétique
Au-delà de l’exploit académique, cette innovation met en lumière le potentiel de fabrication locale de véhicules électriques en Afrique.
Une telle initiative pourrait contribuer au développement industriel, au transfert de compétences technologiques et à la création d’opportunités économiques pour les jeunes ingénieurs.
À travers ce projet, le Centre d’Excellence Régional pour la Maîtrise de l’Électricité confirme sa vocation : former des ingénieurs capables de concevoir des solutions technologiques adaptées aux défis énergétiques et environnementaux du continent.
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