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Togo – Tensions sociales : Le CJD joue-t-il les médiateurs de la dernière chance ?
Depuis le début du mois de juin, le Togo traverse une période agitée, marquée par une recrudescence des tensions sociales, notamment dans la capitale, Lomé. Au cœur de ces agitations : la jeunesse, mobilisée par des figures de la diaspora via les réseaux sociaux, qui exprime son ras-le-bol face aux conditions de vie jugées de plus en plus précaires.

Pour éviter une escalade incontrôlable, le Collectif des jeunes pour le développement (CJD), appuyé par plusieurs organisations de la société civile, a décidé de prendre les devants. Ce mercredi 16 juillet à Lomé, il a organisé une grande rencontre citoyenne d’échanges autour du thème : « Le Togo entre tensions sociales et le devoir de préserver un climat favorable au développement socio-économique ».
Créer des ponts, pas des murs
La rencontre, voulue inclusive, a rassemblé des jeunes, des femmes, des chefs traditionnels, des leaders religieux et des acteurs associatifs. L’objectif était clair : entendre les préoccupations des citoyens et formuler des propositions concrètes à l’endroit des décideurs.
Parmi les figures marquantes présentes, Togbui Kodjo Hélou Sédjro IV, chef canton d’Agoè-Nyivé, a salué la démarche du CJD. Dans une déclaration empreinte de sagesse, il a insisté sur la primauté du dialogue comme fondement de toute paix durable :
« Le dialogue reste la voie la plus sûre pour construire un Togo uni et stable. »
Une jeunesse frustrée mais constructive
Les échanges ont révélé un malaise profond : chômage endémique, vie chère, précarité, sentiment d’abandon… autant de frustrations qui, lorsqu’elles ne trouvent pas d’exutoire pacifique, risquent de se transformer en violences.
Constant Lemou, secrétaire général du CJD, a tenu à recentrer le débat :
« Il ne s’agit pas seulement de calmer les tensions, mais de poser les bases d’un contrat social renouvelé, plus attentif aux aspirations populaires. »
Le collectif entend transmettre les préoccupations citoyennes aux autorités compétentes, notamment au Président du Conseil, dans l’espoir de voir émerger des mesures urgentes, concrètes et durables.

Gouvernance participative : une urgence nationale
Au cœur du message du CJD, un plaidoyer fort pour la gouvernance inclusive et l’écoute active. « Il faut entendre toutes les voix, surtout celles qu’on n’écoute pas assez », a martelé M. Lemou. Le collectif envisage d’organiser des dialogues thématiques ciblés, selon les catégories sociales, pour mieux cerner les priorités de chacun.
Cette stratégie participative s’accompagnera d’une extension des rencontres à l’intérieur du pays, afin que les régions les plus éloignées de la capitale ne soient pas mises à l’écart de la dynamique nationale.
La société civile en garde contre la récupération politique
Si les revendications sont légitimes, la société civile met en garde contre toute tentative de récupération politique. Dans un contexte de pré-campagne électorale, le risque de manipulation est réel. Des tensions mal canalisées pourraient favoriser des groupes extrémistes ou déstabiliser davantage un pays qui reste vulnérable aux dynamiques régionales.
Les organisateurs de la rencontre citoyenne appellent donc à la vigilance, à la responsabilité collective et à la solidarité nationale, condition sine qua non pour préserver les acquis démocratiques et la cohésion sociale.
Une lueur d’espoir dans la tourmente
Loin des slogans partisans ou des discours manichéens, le CJD propose une démarche de fond : celle d’un dialogue ancré dans la réalité quotidienne des Togolais, avec pour ambition de faire émerger un nouveau pacte social.
Face à des institutions souvent perçues comme sourdes, la société civile et la jeunesse togolaise tentent de se réapproprier l’espace public pacifiquement, en portant des voix de raison, de paix et de justice sociale.
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