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Togo : Sean Kelly dénonce un régime qui gouverne par la peur et muselle la population
L’eurodéputé irlandais Sean Kelly monte au créneau et fustige le régime de Faure Gnassingbé au Togo. Dans un message publié sur X, il qualifie la répression contre les manifestants et la persécution d’Abdoul Aziz Goma de révélateurs de la peur et de la faiblesse du pouvoir togolais. Cette prise de position internationale met une pression supplémentaire sur Lomé, déjà critiqué pour ses arrestations arbitraires et ses procès expéditifs.
Une dénonciation frontale du pouvoir togolais
« Un gouvernement qui se sent menacé par des manifestants pacifiques et des défenseurs des droits de l’homme ne fait que montrer sa propre faiblesse », a écrit Sean Kelly. Le député européen, qui a négocié au nom de son groupe pour la libération d’Abdoul Aziz Goma, a insisté sur le caractère arbitraire et brutal de la répression en cours au Togo. Selon lui, les arrestations massives, la torture et la persécution des opposants ternissent gravement l’image du pays sur la scène internationale.
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Le cas Aziz Goma, symbole d’un bras de fer judiciaire
Le dossier d’Abdoul Aziz Goma, citoyen irlando-togolais arrêté en 2018, est devenu emblématique. Détenu depuis plus de six ans dans des conditions dénoncées par plusieurs ONG, il a récemment été jugé lors d’un procès expéditif d’une seule journée, qui a abouti à une condamnation largement critiquée. Le 11 septembre 2025, le Parlement européen a adopté une résolution exigeant sa libération immédiate, dénonçant des actes de torture et une violation flagrante des droits de la défense.
Des tensions politiques grandissantes à Lomé
Sur le terrain, les organisations de la société civile multiplient les appels à manifester contre ce qu’elles considèrent comme un verrouillage politique et une dérive autoritaire. Mais les autorités répliquent par l’interdiction systématique des rassemblements, l’arrestation de centaines de manifestants et des condamnations qualifiées d’arbitraires. Cette répression alimente un climat de défiance entre le pouvoir et la population, renforçant l’impression d’un régime crispé sur sa survie.
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Une pression internationale de plus en plus forte
Au-delà du cas d’Aziz Goma, c’est l’ensemble de la gouvernance togolaise qui se retrouve scrutée par les institutions européennes et les ONG internationales. Pour Sean Kelly, la situation actuelle démontre que « gouverner par la peur » ne saurait constituer une solution durable. À Bruxelles, plusieurs voix s’élèvent déjà pour exiger des sanctions ciblées contre certains responsables togolais, une perspective qui pourrait accentuer l’isolement du pays.
Le dilemme du régime Gnassingbé
Face à cette montée des critiques, les autorités togolaises dénoncent une « ingérence étrangère » et défendent l’indépendance de leur système judiciaire. Pourtant, la multiplication des arrestations et des procès politiques apparaît aux yeux de nombreux observateurs comme une stratégie risquée. Si elle permet de museler l’opposition à court terme, elle risque également d’attiser la colère populaire et de fragiliser davantage le régime sur la scène internationale.
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