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Togo : Quand les surtaxes des billets d’avion poussent les voyageurs à fuir l’aéroport de Lomé

Togo : Quand les surtaxes des billets d’avion poussent les voyageurs à fuir l’aéroport de Lomé

Les voyages aériens au Togo sont en train de devenir un luxe que seuls quelques privilégiés peuvent se permettre. Entre taxes aéroportuaires exorbitantes et charges fiscales écrasantes, les prix des billets d’avion atteignent des sommets. Selon le Directeur Général d’Asky, Esayas Woldemariam Hailu, ces taxes représentent jusqu’à 65 % du prix total d’un billet. Une situation intenable qui pousse de nombreux voyageurs togolais à éviter l’aéroport de Lomé pour rejoindre Accra ou Cotonou, où les tarifs sont nettement plus abordables. Derrière cette flambée des prix se cache un problème structurel qui menace non seulement l’avenir du transport aérien au Togo, mais aussi la mobilité et l’intégration économique en Afrique de l’Ouest.

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Cette réalité, dénoncée par Esayas Woldemariam Hailu, Directeur Général de la compagnie ASKY Airlines, illustre un problème structurel qui dépasse le cadre d’une seule entreprise pour toucher l’ensemble du secteur aérien africain.

ASKY, une ambition freinée

Basée à Lomé, ASKY dessert actuellement 25 destinations africaines. La compagnie, créée par le Togolais Gervais Koffi Djondo, ambitionne d’augmenter ses fréquences de vols et d’élargir son réseau. Toutefois, cette volonté se heurte à des taxes aéroportuaires et fiscales jugées « hors de portée » par son dirigeant.
Pour Esayas Woldemariam Hailu, les prix élevés ne sont pas uniquement liés aux coûts opérationnels de la compagnie, mais résultent aussi d’un environnement réglementaire et fiscal contraignant imposé par les autorités aéroportuaires et fiscales locales.

L’appel à l’action : réduire les charges et ouvrir le ciel

Le patron d’ASKY exhorte les gouvernements de la CEDEAO à appliquer rapidement les engagements pris en faveur d’une réduction significative des taxes aéroportuaires. Cette mesure permettrait de faciliter la mise en œuvre du Marché Unique du Transport Aérien Africain (MUTAA), un projet continental destiné à libéraliser le ciel africain et stimuler la concurrence.
Selon lui, la démocratisation du voyage passe par des billets plus abordables, une concurrence saine et une ouverture du secteur à de nouveaux prestataires. Ce modèle, déjà adopté dans d’autres régions du monde, pourrait avoir un effet positif immédiat sur le tourisme, le commerce et les échanges régionaux.

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Une situation intenable pour les voyageurs togolais

Si le directeur d’ASKY a choisi de s’exprimer publiquement, c’est que la situation est devenue préoccupante. Au Togo, la cherté des billets pousse de nombreux voyageurs à se tourner vers les aéroports voisins de Cotonou (Bénin) ou d’Accra (Ghana), où les tarifs sont souvent inférieurs de 100 000 à 400 000 francs CFA selon les destinations.
Certains préfèrent même supporter les frais supplémentaires de transport terrestre pour rejoindre ces aéroports, tant l’écart de prix est important. Ce phénomène, en plus de priver l’aéroport de Lomé d’une partie de ses passagers, témoigne d’un manque de compétitivité directement lié à la fiscalité aérienne nationale.

Un paradoxe économique et stratégique

La situation actuelle révèle un paradoxe : alors que l’État a investi dans la rénovation et la modernisation de l’aéroport de Lomé, la surtaxation des billets dissuade les voyageurs et affaiblit le trafic aérien local. Cette contradiction illustre une vision à court terme, privilégiant la collecte immédiate de taxes au détriment du développement durable du secteur.
Dans un contexte où la mobilité est un facteur clé de croissance et d’intégration régionale, maintenir des tarifs inaccessibles risque de freiner non seulement le transport aérien, mais aussi l’économie nationale dans son ensemble.

Vers un ciel plus accessible ?

Le message d’Esayas Woldemariam Hailu est clair : la réduction des taxes et l’ouverture du marché aérien africain ne sont plus des options, mais une nécessité urgente. Sans une réforme fiscale adaptée, le rêve d’un ciel africain ouvert et compétitif restera hors de portée.
Pour les voyageurs togolais, la question est plus que jamais pressante : continuer à payer le prix fort pour voyager depuis Lomé ou espérer une réforme qui rendra le transport aérien enfin accessible à tous.

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