Actualités
Togo – La grève des banques s’intensifie : les syndicats confirment un mouvement « sec »
Le Togo vit ce matin un chaos inédit dans son secteur bancaire. Toutes les agences sont fermées et aucun service n’est assuré, laissant clients et entreprises dans l’incertitude totale. SYNBANK et SYNASSUR ont lancé un ultimatum : la grève doit être sèche, et aucune concession sur le service minimum ne sera tolérée. Derrière ce bras de fer, se cache la colère explosive des employés, dénonçant licenciements abusifs, dysfonctionnements et non-respect de leurs droits. Le pays assiste à une paralysie sans précédent, et la tension monte à son paroxysme.
Lors de l’Assemblée générale tenue ce mardi, les syndicats ont dressé un bilan à mi-parcours : la grève est respectée par la quasi-totalité des structures. « La mobilisation est totale et la détermination intacte », ont assuré les responsables syndicaux.
La question du service minimum au cœur du débat
Au centre des discussions figure la problématique du service minimum. Pour SYNBANK et SYNASSUR, il n’est pas question d’accepter qu’un tel dispositif soit imposé sans concertation.
« Nous rappelons que le service minimum ne peut être décidé unilatéralement par les directions. Il doit faire l’objet d’un accord avec l’organe syndical initiateur du mouvement », ont-ils martelé.
Les syndicats rappellent qu’au cours de la rencontre du 22 septembre 2025 avec le président de l’Association professionnelle des banques et établissements financiers (APBEF), ce point n’a jamais été évoqué. Par conséquent, concluent-ils, « aucun service minimum n’est retenu ».
Lire aussi : Accident mortel à Lomé : une moto percute un tricycle, ce qui s’est passé va vous glacer le sang
Un fondement légal invoqué
Les responsables syndicaux appuient leur position sur plusieurs textes juridiques :
- la Constitution togolaise,
- le Code du travail de 2021 (loi n°2021-012 du 18 juin 2021),
- le Statut général de la fonction publique (loi n°2013-002 du 21 janvier 2013),
- ainsi que les conventions de l’Organisation Internationale du Travail (OIT).
Ils rappellent que l’article 326 du Code du travail encadre strictement le recours au service minimum, uniquement lorsqu’il existe une base légale et après des négociations avec l’employeur. En l’absence de tels accords, toute tentative d’imposer un service minimum serait jugée « illégale et arbitraire ».
Les motifs de la colère
Le mouvement de grève trouve ses racines dans l’échec des négociations entre les syndicats, les directions des banques concernées et les autorités togolaises.
Les points de friction sont nombreux :
- le licenciement jugé abusif de plusieurs employés de Sunu Bank Togo,
- des dysfonctionnements persistants au sein d’Ecobank,
- et plus globalement, le non-respect des droits des travailleurs dans le secteur financier.
Pour les syndicats, cette situation traduit un mépris des employeurs envers leurs employés et une remise en cause des acquis sociaux.
Un bras de fer qui s’installe
La grève, annoncée pour durer jusqu’au 26 septembre, s’annonce décisive pour l’avenir des relations sociales dans le secteur bancaire.
Les syndicats préviennent que le mouvement pourrait être reconduit ou durci si leurs revendications ne sont pas satisfaites. « Nous sommes prêts à aller jusqu’au bout pour défendre la dignité des travailleurs », ont-ils averti.
Cette mobilisation, qui paralyse actuellement les services financiers, met en lumière la fragilité du dialogue social au Togo et pose un défi majeur aux autorités, appelées à trouver rapidement une issue à cette crise.
Rejoindre notre communauté WhatsApp pour ne rien manquer.
Rejoignez notre communauté télégramme pour ne rien manquer.
