Se connecter avec nous

Actualités

Togo : La fuite des futurs prêtres vers l’étranger secoue les séminaires

Togo : La fuite des futurs prêtres vers l'étranger secoue les séminaires

La question de l’émigration est devenue un sujet de préoccupation majeur au Togo, touchant toutes les couches de la société, y compris les futurs prêtres. L’Organisation Internationale pour les Migrations (OIM) a estimé qu’entre 2 et 2,5 millions de Togolais vivent à l’étranger, un chiffre qui illustre l’ampleur du départ, en particulier des jeunes.

Dans le Grand séminaire Jean Paul II de Lomé, cette tendance se manifeste par une réduction alarmante du nombre de séminaristes, un signe que la vocation religieuse est de plus en plus mise à l’épreuve par les promesses d’un avenir meilleur ailleurs.

CSAF

Une voix préoccupée au sein de l’Église

Le Révérend Père Georges Gbafa, curé de la Paroisse Sancta Maria Regina Pacis d’Apédokoè, exprime son inquiétude face à cette situation. Lors d’une récente messe, il a fait part de son désarroi concernant le départ en masse des séminaristes, qui, selon lui, est sans précédent. Il a souligné que, sur les 13 séminaristes orientés vers la France cette année, l’un d’eux a quitté sans en informer le clergé. Le séminaire, qui abritait autrefois un nombre considérable d’étudiants, ne compte plus que 61 pensionnaires, une diminution significative qui soulève des questions sur l’avenir de la formation religieuse au Togo.

Les causes d’un exode préoccupant

Le Père Gbafa a révélé que même le recteur du séminaire s’interroge sur cette tendance inquiétante. Historiquement, le Grand séminaire Jean Paul II a attiré un grand nombre d’étudiants, mais la situation actuelle semble indiquer un changement de cap. Les motivations derrière cette fuite vers la France sont complexes et impliquent une multitude de facteurs. Pour le curé, cela représente une forme de tentation, où l’attrait de l’Occident est difficile à résister pour les jeunes en quête de succès et de reconnaissance.

Un appel à la réflexion et à la prière

Le Révérend Père a également lancé un appel aux parents et à la communauté, les exhortant à soutenir l’Église dans la formation des séminaristes. Il a insisté sur l’importance de prier pour eux, tout en rappelant que l’éducation reçue est un atout précieux que l’Occident souhaite capter. « Le blanc ne donne rien gratuitement », a-t-il déclaré, soulignant que les visas accordés aux jeunes sont souvent motivés par des intérêts qui ne profitent pas toujours à leur pays d’origine.

Une crise aux racines profondes

Les raisons de l’émigration des Togolais, y compris des séminaristes, sont bien documentées. Une enquête récente d’Afrobaromètre révèle que plus de 80 % des Togolais citent des motifs économiques, tels que la pauvreté, le chômage, et la recherche de meilleures opportunités comme raisons principales de leur désir de quitter le pays. La question qui demeure est de savoir si le manque de conditions d’études adéquates au séminaire contribue à cet exode, une réalité que l’Église et la société civile doivent aborder avec sérieux pour envisager des solutions durables.

##futurs prêtres##
Continuer La Lecture
Cliquez pour commenter

Laisser une Réponse

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Copyright © 2025 POWERED BY DM COMMUNICATION