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Togo / Justice à double vitesse : un procureur qui jette les innocents en prison et défend les coupables

Togo / Justice à double vitesse : un procureur qui jette les innocents en prison et défend les coupables

Le 6 juin 2025, plusieurs jeunes togolais ont été interpellés à Lomé, après avoir répondu à un appel sur les réseaux sociaux pour manifester contre le pouvoir de Faure Gnassingbé. Cette mobilisation nocturne visait à réclamer la libération de l’artiste engagé Aamron. Le procureur de la République près le Tribunal de grande instance de Lomé, Talaka Mawama, a justifié ces arrestations par des soupçons de « tentative de déstabilisation » en lien avec des « éléments étrangers ». Sur les 73 interpellés, 56 ont été relâchés, mais d’autres demeurent en garde à vue.

manifestations

Deux poids, deux mesures dans l’application de la loi

Si la répression fut rapide à Lomé, le contraste est flagrant avec la passivité de l’État face à d’autres attroupements illégaux, notamment dans les régions du nord. À Dapaong, le 2 avril 2025, des centaines de personnes sont descendues dans la rue pour célébrer l’élection de Barry Moussa Barqué à la tête du Sénat. Aucune autorisation préalable, aucune intervention des forces de l’ordre. La télévision nationale a même diffusé les images. À Mandouri et Borgou, des rassemblements similaires ont également eu lieu sans aucune réaction du parquet.

Ces zones, pourtant situées dans la région des Savanes placée sous état d’urgence sécuritaire, sont en théorie soumises à des restrictions plus sévères. Pourtant, l’État semble tolérer les manifestations favorables au régime, tout en réprimant celles qui lui sont hostiles.

Une justice muette face à la corruption d’État

La justice togolaise ne semble pas s’émouvoir non plus des scandales de corruption étalés au grand jour. Le rapport de la Cour des comptes publié en 2023 sur la gestion des fonds COVID a mis en lumière des irrégularités graves impliquant des proches du pouvoir. D’autres rapports émanant de l’Inspection générale d’État (IGE) ont révélé de profondes défaillances dans la gestion de sociétés publiques. Malgré ces alertes officielles, aucune enquête judiciaire n’a été ouverte, aucun responsable n’a été poursuivi.

Talaka Mawama, procureur ou bouclier du régime ?

Le nom de Talaka Mawama revient souvent dans les critiques. Ce magistrat semble faire preuve d’un zèle judiciaire sélectif : rapide à engager des poursuites contre des manifestants, silencieux lorsqu’il s’agit de hauts fonctionnaires suspectés de détournements de fonds. Pour de nombreux observateurs, le parquet est instrumentalisé au service du pouvoir exécutif, compromettant gravement l’indépendance de la justice.

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Une fracture sociale qui se creuse

Cette justice à géométrie variable contribue à détériorer le lien de confiance entre l’État et sa population. Les jeunes, en particulier, vivent cette situation comme une double peine : exclus du marché de l’emploi, marginalisés socialement, et désormais criminalisés pour toute contestation. Le risque d’explosion sociale est réel, tant le sentiment d’injustice devient un moteur puissant de mobilisation.

Conclusion : Le droit selon la proximité politique

Dans un véritable État de droit, la loi est la même pour tous. Au Togo, la justice semble fonctionner à la tête du citoyen. Le maintien de cette inégalité devant la loi risque de nourrir une colère sourde et durable, dans un pays où les tensions sociales sont déjà à leur comble.

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