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Togo : Amnesty International interpelle les autorités sur des cas présumés de torture de manifestants

Togo : Amnesty International interpelle les autorités sur des cas présumés de torture de manifestants

Amnesty International a lancé un appel, mardi, exhortant les autorités togolaises à ouvrir une enquête sur des allégations de torture dont auraient été victimes plusieurs manifestants arrêtés lors des protestations début juin à Lomé. L’organisation de défense des droits humains affirme avoir recueilli des témoignages accablants de personnes détenues après avoir participé à des marches contre la réforme constitutionnelle.

manifestations

Selon l’ONG, dix manifestants interrogés peu après leur libération ont tous déclaré avoir subi des actes de torture ou des traitements dégradants alors qu’ils étaient détenus dans les locaux de la gendarmerie de Djidjolé.

Des preuves médicales et visuelles à l’appui

Amnesty affirme avoir consulté plusieurs certificats médicaux mentionnant notamment des « contusions des muscles fessiers » et « paravertébraux ». L’organisation déclare également avoir analysé des photographies de blessures présumées infligées aux manifestants.

Malgré ces éléments, les autorités togolaises réfutent toute information officielle en ce sens. Yawa Kouigan, ministre de la Communication et porte-parole du gouvernement, a indiqué ne pas avoir été saisie de cas concrets. Elle rappelle que « la torture est une pratique condamnée par la législation togolaise » et assure que « tout acte établi serait puni selon les lois en vigueur ».

Les manifestations des 5 et 6 juin ont vu une mobilisation importante de jeunes et de membres de la société civile, motivés par la hausse du coût de la vie, la répression des voix dissidentes et la récente réforme constitutionnelle adoptée en avril 2024. Cette réforme confère au président Faure Gnassingbé, au pouvoir depuis 2005, un rôle renforcé dans le nouveau système parlementaire.

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Le procureur avait annoncé l’arrestation de 56 personnes, dont la majorité ont été libérées. Cependant, Amnesty International indique qu’à la date du 17 juin, trois manifestants étaient encore détenus.

Une situation préoccupante pour les droits humains

La Fédération internationale des droits humains (FIDH) et l’Organisation mondiale contre la torture (OMCT) ont également exprimé leur inquiétude, signalant qu’au moins sept manifestants affirment avoir été maltraités lors de leur garde à vue.

Selon Fabien Offner, chercheur à Amnesty, « le Togo a déjà été condamné à plusieurs reprises par des juridictions régionales pour usage de la torture », soulignant ainsi un passif préoccupant en matière de droits humains.

De nouvelles mobilisations prévues

Malgré les risques, les appels à manifester se multiplient. Des rassemblements sont annoncés pour les 26, 27 et 28 juin, à l’initiative de groupes de jeunes et d’acteurs de la société civile.

Alors que les tensions politiques s’intensifient, la gestion de ces manifestations à venir pourrait être décisive pour l’image des autorités en matière de respect des libertés fondamentales.

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