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Togo

Togo/Agropole de Kara : Un conseiller municipal accusé de détourner 4 millions destinés aux engrais des paysans

Togo/Agropole de Kara : Un conseiller municipal accusé de détourner 4 millions destinés aux engrais des paysans

Le Togo, naguère perçu comme un terrain d’expérimentation pour les projets agricoles novateurs, se retrouve une nouvelle fois secoué par une affaire de détournement d’argent public. Ce qui semblait n’être qu’un simple problème administratif lié à l’Agropole de Kara se transforme en un véritable scandale local. À Broukou, un conseiller municipal est accusé d’avoir détourné plus de 4 millions de francs CFA, fonds destinés à l’achat d’engrais pour les cultivateurs du canton de Léon. Ce détournement remet en question l’intégrité des projets agricoles locaux et soulève des inquiétudes quant à la gestion de l’argent destiné au développement rural.

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Des promesses non tenues, des paysans dans la tourmente

Les agriculteurs de Broukou, engagés dans le projet Agropole de Kara, avaient cotisé pour l’achat d’engrais afin d’assurer une production de maïs optimale. L’initiative repose sur un système où les cultivateurs contribuent financièrement et reçoivent ensuite les intrants nécessaires à leur activité. Mais cette année, la promesse d’un approvisionnement rapide en engrais n’a pas été tenue. Après plusieurs semaines d’attente, les paysans ont commencé à se poser des questions : où est passé leur argent ? Le silence des autorités n’a fait qu’aggraver la situation.

Un conseiller municipal impliqué dans le détournement

C’est finalement l’implication d’un conseiller municipal, M. Kpana Tchokpa, qui a fait éclater le scandale. Responsable de la collecte des fonds auprès des agriculteurs, il est accusé d’avoir détourné une somme importante, près de 4 millions de francs CFA. Lorsqu’interrogé, M. Tchokpa a évoqué un « remboursement de dettes » pour justifier l’utilisation des fonds des paysans. Une explication qui n’a convaincu ni les agriculteurs, ni les autorités locales. Selon des sources proches du projet, les paysans de Broukou n’avaient aucune dette impayée, et la gestion de leurs cotisations a toujours été conforme aux engagements pris.

La vérité derrière les retards et les mensonges

Les explications fournies par le conseiller municipal sont vite mises en doute. En réalité, l’argent collecté n’a pas été utilisé pour l’achat des engrais, comme le prévoyait le projet. Après un long silence, le conseiller a fini par admettre qu’il avait utilisé les fonds pour solder une ancienne dette. Mais une investigation plus poussée révèle que l’Agropole, qui gère le projet à l’échelle nationale, n’avait aucune information sur cette prétendue dette. En fait, Broukou avait entièrement remboursé ses crédits de l’année précédente, et les producteurs de la région avaient respecté leurs engagements.

Un système de financement transparent… mais détourné

Le mécanisme de financement du projet Agropole semble clair : les agriculteurs versent une partie de l’argent au début de la campagne, puis paient le solde à la fin de la saison. Cependant, le conseiller municipal et certains responsables locaux ont tenté de minimiser l’impact du détournement en rejetant la faute sur des modifications des conditions de paiement par l’Agropole. En réalité, les producteurs de Broukou avaient déjà payé une partie de la somme requise, et l’Agropole avait agi dans les règles en fournissant les engrais selon un calcul basé sur les cotisations collectées.

CSAF

Les victimes : des paysans abandonnés et des promesses non tenues

Le véritable impact de ce détournement se mesure dans les champs de Broukou. Les agriculteurs, privés de leurs engrais, voient leur récolte de maïs compromise, aggravée par une sécheresse qui frappe la région. Ce sont eux qui payent le prix fort de cette négligence. L’argument selon lequel des paiements tardifs expliqueraient la situation actuelle semble de plus en plus suspect au fur et à mesure des enquêtes. Les paysans, fatigués d’attendre et de se faire balader par des justifications fumeuses, ne savent plus à quel saint se vouer.

Les autorités : un silence complice ?

Malgré les multiples alertes et témoignages de paysans victimes du détournement, aucune action significative n’a été prise par les autorités locales. Cela soulève la question du rôle des responsables dans cette affaire. Pourquoi n’ont-ils pas réagi plus tôt ? Pourquoi ont-ils tardé à intervenir, alors que la situation était déjà connue de certaines autorités, comme en témoignent les messages d’alerte envoyés par les paysans ?

Une situation qui interroge sur la crédibilité des projets de développement rural

L’affaire de Broukou met en lumière les failles dans la gestion des projets de développement agricole au Togo. Si aucune enquête sérieuse n’est menée pour faire toute la lumière sur cette affaire, de telles dérives risquent de se multiplier, sapant ainsi la confiance des populations rurales dans les initiatives publiques. Les autorités doivent agir rapidement pour garantir que ce genre de situation ne se reproduise plus et pour restaurer la confiance des paysans dans les projets agricoles censés les soutenir.

Une injustice à réparer, une crédibilité à restaurer

Le chef de l’État, qui a fait de l’agropole un projet phare, doit prendre des mesures fortes pour faire toute la lumière sur cette affaire et garantir que de telles pratiques ne se reproduisent pas. Il est impératif que les autorités locales cessent de protéger les responsables de détournement et qu’elles assurent aux paysans une gestion transparente des fonds publics. L’avenir du projet Agropole et la crédibilité des autorités locales sont en jeu.

Ricardo Agouzou

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