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Togo : Aamron brise le silence sur son arrestation et sa détention forcée , un témoignage glaçant avec des images choquantes
Dans une interview exclusive accordée à France 24, le rappeur et activiste Aamron, figure emblématique de la jeunesse engagée togolaise, est enfin sorti du silence. Arrêté brutalement dans la nuit du 26 mai, interné de force à l’hôpital psychiatrique de Zébé et libéré le 21 juin, son calvaire a suscité un émoi national et international.

L’artiste, qui s’est illustré ces dernières années comme un défenseur ardent des droits civiques et de la liberté d’expression, est revenu avec émotion sur les conditions de son arrestation, les tortures subies et l’acharnement politique dont il a été victime.
Une arrestation sans mandat, mais préméditée
Aamron raconte qu’il savait que quelque chose se tramait. Alerté la veille par des sources proches de l’administration, il avait anticipé son arrestation. Le soir du 26 mai, des hommes en tenue, sans mandat, surgissent chez lui. Il accepte de les suivre, pensant naïvement que ses droits seraient respectés.
Mais dès son arrivée au SCRIC (Service central de recherche et d’investigation criminelle), le cauchemar commence. Il est immédiatement battu, menotté, humilié. « Ils m’ont tabassé violemment, notamment sous les pieds, jusqu’à me faire éclater les nerfs. Je ne pouvais plus marcher », confie-t-il.
Torture physique et déshumanisation psychologique
À ces violences s’ajoute une tentative d’anéantissement moral. « On m’a fait me déshabiller, puis enfermé seul, sans avocat, avant de me forcer à signer un procès-verbal », détaille le rappeur. Mais le pire était à venir : son internement en hôpital psychiatrique, qu’il qualifie de « déportation mentale ».

Pendant deux jours, il est drogué de force, subit des injections et traitements sans consentement. « J’étais confus, déphasé, je ne savais plus ce que je disais. » Une technique de déstabilisation brutale, visant à le briser psychologiquement et à discréditer sa parole d’activiste.

Une vidéo d’excuses sous contrainte
Alors que le monde découvre une vidéo dans laquelle Aamron présente ses excuses au président du Conseil, l’artiste dénonce une mise en scène orchestrée sous menace. Il raconte avoir demandé à rentrer chez lui d’abord, mais les autorités ont exigé une vidéo immédiate, tournée dans un climat de coercition et de peur.
« Ce n’était pas moi qui parlais dans cette vidéo. C’était un homme brisé, manipulé, sous pression. »
Une détermination intacte, malgré les cicatrices
Aujourd’hui libre, Aamron reste marqué, physiquement et mentalement, mais plus combatif que jamais. Il affirme vouloir transformer sa douleur en énergie pour continuer son engagement. « Ce que j’ai vécu, je ne le souhaite à personne. Mais je ne me tairai pas. Mon combat pour la justice et la liberté au Togo continue. »
Son témoignage renforce les inquiétudes sur l’état des droits humains au Togo, et met en lumière les dérives autoritaires d’un régime de plus en plus contesté, notamment par la jeunesse.
L’affaire Aamron : un tournant dans la mobilisation populaire ?
Cette affaire, au-delà de la figure d’Aamron, révèle un problème structurel de répression au Togo. Torture, arrestations arbitraires, internements abusifs : des méthodes dignes des régimes les plus durs, utilisées pour museler toute voix critique. Mais elle montre aussi que la peur change de camp.
Grâce à la mobilisation massive des jeunes, des artistes, des diasporas et des défenseurs des droits humains, Aamron a été libéré. Cette victoire partielle donne un souffle nouveau à une opposition citoyenne de plus en plus structurée et prête à aller plus loin.
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