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Togo – À l’Université de Lomé, une initiative écologique freinée par l’opacité bureaucratiqueUL | Divers : Selon certaines informations reçues incessamment, les étudiants n’ont pas accès au campus cette matinée (voir l’image)
Alors qu’aucune note officielle n’est sortie en ce sens, certains étudiants qui ont cours ce matin se sont vus refuser l’accès au temple du savoir

Pourtant, à moins de 24 heures de l’événement prévu le 4 mai 2025, la direction de l’Université de Lomé a brutalement interdit l’activité. En cause : l’association ne disposerait pas de l’agrément requis, selon une lettre signée du président de l’université, le professeur Adama Mawulé Kpodar. Une décision perçue comme un coup de massue pour les porteurs du projet, qui dénoncent une logique bureaucratique obscure et une volonté manifeste de museler les initiatives étudiantes.
Une initiative verte ambitieuse et porteuse d’espoir
Depuis plusieurs mois, la SEET travaille à l’élaboration d’un plan d’aménagement écologique sur le campus de Lomé. L’objectif : sensibiliser les étudiants aux enjeux du développement durable tout en contribuant concrètement à la préservation de l’environnement universitaire.
« Nous avions sélectionné une vingtaine d’espèces d’arbres fruitiers adaptées au climat local — manguier, oranger, papayer, avocatier — pour maximiser à la fois la biodiversité et les bénéfices pour les étudiants », explique Bertin Bandiangou, président de la SEET.
Le projet avait aussi pour vocation d’impliquer largement la communauté universitaire. Ateliers pédagogiques, journées de plantation participative, suivi de la croissance des arbres : les organisateurs espéraient créer une dynamique collective autour de la conscience écologique.
« En tant que futurs cadres de ce pays, nous avons la responsabilité de penser le développement en intégrant la protection de notre environnement », souligne Afi Kpodo, étudiante en géographie, membre active de la SEET.

L’interdiction de dernière minute : une décision contestée
Mais le 3 mai, une note signée du président de l’Université tombe : le projet ne peut être autorisé car la SEET n’est pas une association agréée par l’établissement. Le professeur Kpodar suggère aux étudiants de se rapprocher du collège des délégués pour porter l’initiative sous une autre bannière.
Une réponse jugée inacceptable par la SEET. « Nous avons déposé tous les documents nécessaires au renouvellement de notre agrément. Nous avons relancé l’administration à plusieurs reprises sans réponse », dénonce Bertin Bandiangou. Il rappelle que le collège des délégués a soumis par le passé des projets similaires, restés lettre morte.
« Demander un renouvellement annuel d’agrément est une hérésie juridique », ajoute-t-il, pointant une stratégie visant à restreindre la liberté d’association et d’expression des étudiants.
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Une communauté universitaire en colère
La décision a suscité un vif émoi sur le campus. De nombreux étudiants, enseignants et membres du personnel dénoncent ce qu’ils considèrent comme un frein incompréhensible à un projet porteur de sens.
« C’est aberrant. L’Université manque cruellement d’espaces verts, et voilà qu’on empêche les jeunes de contribuer à l’amélioration de leur cadre de vie », s’indigne Akouvi Adjaho, doctorante en sciences de l’environnement.
Plusieurs enseignants rappellent que l’université doit être un espace d’expérimentation et d’engagement citoyen. « Nous devrions encourager ce type d’initiative, pas le bloquer sous des prétextes administratifs flous », affirme un professeur d’économie, souhaitant garder l’anonymat.
Une problématique plus large : la gouvernance universitaire en question
Au-delà de ce cas précis, l’affaire révèle les limites d’une gouvernance universitaire jugée trop rigide et peu transparente. « Ce genre de blocage traduit une vision archaïque de la gestion des initiatives étudiantes », analyse Koffi Agbeko, sociologue spécialisé en gouvernance participative.
Dans plusieurs pays voisins, les universités encouragent au contraire les projets portés par les étudiants en matière de transition écologique. « Nous devons évoluer vers une administration qui accompagne et facilite les initiatives, plutôt que de les étouffer », plaide Bertin Bandiangou.
Une détermination renforcée
Loin de se décourager, la SEET entend poursuivre son combat. Elle a lancé un appel au dialogue avec l’administration et compte solliciter l’appui de partenaires extérieurs, associations de la société civile et institutions internationales engagées sur les questions climatiques.
« Ce n’est que le début. Nous continuerons à porter notre projet pour un campus plus vert, car la jeunesse togolaise a un rôle clé à jouer dans la transition écologique du pays », conclut Bertin Bandiangou.
L’affaire de l’Université de Lomé rappelle une évidence : face à l’urgence climatique, les blocages administratifs ne peuvent faire office de réponse. Pour la SEET et les étudiants engagés, la lutte pour un campus plus vert est d’abord un combat pour un avenir plus durable et plus démocratique.
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