Se connecter avec nous

Actualités

Terrains au Togo : Pourquoi les Togolais sont-ils exclus de leurs propres terres ?

Terrains au Togo : Pourquoi les Togolais sont-ils exclus de leurs propres terres ?

Au Togo, la terre ressource vitale et symbolique est en train de devenir un luxe inaccessible pour ses propres citoyens. Tandis que les prix des terrains s’envolent sans frein, les Togolais moyens sont contraints de quitter la capitale pour s’installer aux périphéries ou plus loin encore. Pendant ce temps, des étrangers acquièrent facilement des parcelles stratégiques, creusant un fossé grandissant entre riches et pauvres. Cette spéculation foncière galopante soulève une question brûlante : la terre togolaise est-elle en train de glisser hors des mains de ses habitants ? Ce phénomène n’est pas seulement une affaire économique, c’est un défi social majeur qui menace la cohésion nationale. Comment en est-on arrivé là ? Et surtout, quelles solutions peuvent stopper cette hémorragie ? Découvrez les coulisses d’un drame silencieux qui gagne du terrain chaque jour.

csaf

Des prix fonciers inaccessibles pour le citoyen lambda

S’offrir un terrain de 10 x 30 mètres à Lomé ou dans une zone urbanisée revient à débourser au minimum 30 millions de francs CFA. Même pour un demi-lot, il faut compter au moins 15 millions, et ces tarifs ne cessent d’augmenter sans que les salaires stagnants des Togolais suivent. Avec des revenus modestes et souvent insuffisants, la majorité des habitants se voit ainsi exclue du marché immobilier, condamnée à la location dans des conditions précaires.

Étrangers privilégiés : un luxe qui creuse les inégalités

Loin de cette précarité, des étrangers résidant au Togo parviennent sans difficulté à acheter des terrains pour y construire ou développer des activités commerciales et industrielles. Ces derniers disposent souvent de ressources financières conséquentes, leur permettant de s’approprier des parcelles stratégiques, au détriment des populations locales. Ce phénomène accentue l’exode vers des périphéries comme Zanguéra, Tsévié ou Kpomé, où les prix sont encore relativement abordables.

Témoignages : la dure réalité des Togolais

Pour certains, acheter un terrain relève d’un combat de longue haleine. « J’ai mis quinze ans à économiser pour acquérir un demi-lot à la périphérie de la ville. J’ai dû contracter un prêt pour construire, que j’ai fini de rembourser à l’approche de ma retraite », confie un ancien fonctionnaire. Pourtant, il reste « locataire » à Lomé, car sa famille ne veut pas s’éloigner de leurs activités et écoles.

Un enseignant explique : « Je vis dans ma maison, mais je parcours chaque jour une longue distance pour rejoindre mon lieu de travail. Malgré ma demande d’affectation plus proche, rien n’a bougé. »

CSAF

À l’intérieur du pays : une spéculation encore plus inquiétante

Le phénomène ne se limite pas à la capitale. À l’intérieur du pays, des terres agricoles de plusieurs dizaines d’hectares sont cédées à des étrangers à des prix sacrifiés, alors que le gouvernement a lancé un programme ambitieux pour développer l’agriculture locale. Privés de terres, les paysans togolais risquent d’être marginalisés et exclus d’un secteur pourtant vital pour le pays.

Le cadre légal : une protection encore insuffisante

Le nouveau code foncier et domanial togolais prévoit dans son article 317 que tout acte de transfert de propriété foncière entre un Togolais et un étranger doit être soumis à une autorisation préalable de l’autorité publique, sous peine de nullité. De même, les baux de plus de neuf ans entre un citoyen togolais et un étranger requièrent cette autorisation.

Cependant, les formalités d’obtention de cette autorisation ne sont pas encore clairement définies, faute d’un décret d’application. Ce vide juridique ouvre la porte à des dérives et à une spéculation non contrôlée.

Vers des réformes urgentes pour protéger les Togolais

Pour endiguer cette hémorragie foncière, plusieurs mesures sont nécessaires. Il faut d’abord instaurer des mécanismes permettant de rendre les terrains plus abordables pour les citoyens. Par ailleurs, la législation devrait être révisée pour que les étrangers et multinationales n’aient accès qu’à la location des terres agricoles, et non à leur propriété.

Ces réformes sont cruciales pour garantir l’accès équitable à la terre, soutenir le développement agricole local, et préserver la stabilité sociale dans un pays où la terre demeure un pilier essentiel.

Rejoindre notre communauté WhatsApp pour ne rien manquer.

Rejoignez notre communauté télégramme pour ne rien manquer.

#Togo#
CSAF
Continuer La Lecture
Cliquez pour commenter

Laisser une Réponse

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Copyright © 2025 POWERED BY DM COMMUNICATION