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Pétrole : le Togo devient plaque tournante avec un terminal offshore géant
Dès août 2025, la capitale togolaise accueillera un terminal flottant d’une capacité de 160 000 tonnes métriques, une initiative signée United Petro Group (UPG). Cette plateforme pétrolière en mer, ancrée au large de Lomé, contiendra 60 000 tonnes d’essence et 100 000 tonnes de gasoil, stockées à bord d’un navire géant.

L’objectif ? Assurer un approvisionnement continu de plusieurs marchés clés en Afrique, notamment le Ghana, l’Afrique du Sud et le Mozambique, en contournant les limites actuelles des capacités de stockage terrestre sur le continent.
Répondre au déficit de stockage en Afrique
UPG, société de négoce d’énergie basée à Singapour, active dans plus de 16 pays, voit dans cette plateforme flottante une solution aux faiblesses logistiques du secteur. Actuellement, moins de 6 % des infrastructures africaines disposent d’une capacité supérieure à 150 000 m³.
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Le choix de Lomé n’est pas anodin : près de 70 % des surplus de carburant en Afrique de l’Ouest y sont déjà stockés offshore. Le Togo s’affirme ainsi comme un hub régional du négoce pétrolier, appuyé par son port en eau profonde et une position géographique stratégique.

Une stratégie critiquée par certains géants du secteur
Mais cette vision ne fait pas l’unanimité. Parmi les voix critiques, Aliko Dangote, homme d’affaires nigérian à la tête d’une méga-raffinerie de plus de 20 milliards de dollars, s’insurge contre un système qu’il juge hostile au développement des capacités locales.
Selon lui, l’essor du stockage offshore tel que celui de Lomé « compromet la viabilité de toute raffinerie en Afrique subsaharienne », accusant les grands négociants d’entretenir artificiellement des stocks flottants pour influencer les prix.
Deux visions énergétiques en tension
Cette divergence cristallise un débat plus large sur l’avenir énergétique du continent africain : d’un côté, des initiatives logistiques pragmatiques axées sur la fluidité et la flexibilité des échanges maritimes ; de l’autre, une volonté de bâtir une autonomie industrielle durable avec des projets de raffinage à grande échelle.
Malgré les tensions, le Togo semble déterminé à tirer parti de sa position et de son infrastructure pour consolider sa place dans les circuits énergétiques africains, entre opportunités économiques et dynamiques géopolitiques.
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