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Politique

Niger : Niamey quitte l’Organisation internationale de la Francophonie

Niger : Niamey quitte l'Organisation internationale de la Francophonie

Lundi 17 mars, le gouvernement du Niger a annoncé dans un communiqué son retrait officiel de l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF). Cette décision intervient dans un contexte marqué par les tensions entre le régime militaire nigérien et ses anciens partenaires occidentaux, notamment la France. Cette annonce survient en pleine Semaine de la langue française et de la Francophonie, un moment symbolique pour l’organisation. Dans cette dynamique, le Burkina Faso devrait aussi suivre cette voie, selon les déclarations récentes de l’OIF.

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Le retrait du Niger : un acte souverain

Dans un courrier adressé au sommet de l’OIF le 17 mars, le ministère des Affaires étrangères du Niger a fait savoir que le pays avait pris la décision « souveraine » de quitter l’organisation. Selon Oria Vande Weghe, directrice de la communication et porte-parole de l’OIF, cette note verbale a été envoyée à la France, car c’est Paris qui assure actuellement la présidence du sommet de l’OIF.

Oria Vande Weghe a expliqué que, selon les statuts de l’OIF, « les pays sont souverains ». Ainsi, une fois le délai de six mois passé, le retrait du Niger serait effectif, et le pays ne ferait plus partie des 93 membres de l’organisation. Cependant, la responsable de l’OIF a précisé que l’organisation respecterait cette décision, bien qu’elle la déplore, soulignant qu’il n’est jamais agréable d’apprendre qu’un membre quitte « la famille ».

Une décision hautement symbolique

Le départ du Niger de l’OIF revêt une importance symbolique forte, surtout en raison de l’histoire de l’organisation, fondée en 1970 à Niamey. Après le coup d’État du 26 juillet 2023, qui a renversé le président élu Mohamed Bazoum, l’OIF avait suspendu le Niger de ses activités. Cependant, cette suspension n’était pas définitive, car l’organisation avait exprimé la volonté de soutenir les autorités de transition pour une réintégration éventuelle du pays dans la famille francophone.

Oria Vande Weghe a également rappelé que l’OIF entendait mener à bien les projets en cours avec le Niger, malgré ce retrait. Elle a ajouté : « Nous restons auprès des Nigériens » et espère que cette décision ne sera pas définitive.

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Le Burkina Faso en passe de quitter à son tour

Dans la foulée du retrait du Niger, le Burkina Faso a fait savoir qu’il suivrait une démarche similaire. L’OIF s’attend donc à ce que ce pays, qui, tout comme le Niger, a connu un coup d’État en 2022, prenne la même décision dans un avenir proche. « Nous sommes à l’écoute et nous attendons de voir », a précisé la porte-parole de l’OIF.

Le Burkina Faso rejoint ainsi le Niger dans un contexte de bouleversement géopolitique en Afrique de l’Ouest, où le Mali, également gouverné par une junte militaire, pourrait suivre le mouvement. Le Niger, le Mali et le Burkina Faso ont formé l’Alliance des États du Sahel (AES), un groupe dont les intérêts pourraient se rapprocher davantage au détriment des relations avec l’OIF.

L’OIF face à des départs inattendus

Oria Vande Weghe a évoqué la réalité du monde multilatéral, où les intérêts nationaux peuvent parfois primer sur ceux de l’organisation. Elle a également rappelé que la langue française demeure une force pour l’OIF, soulignant qu’au dernier sommet, cinq nouveaux membres avaient rejoint l’organisation. « Il y en a qui rentrent, il y en a qui sortent », a-t-elle ajouté, laissant entendre que les départs, bien que regrettables, font partie du fonctionnement de l’OIF.

L’OIF espère néanmoins pouvoir poursuivre ses actions et ses projets, en dépit de ces départs symboliques. Si le retrait du Niger et du Burkina Faso se confirme, la francophonie pourrait bien voir un bouleversement de ses relations avec certains pays clés d’Afrique de l’Ouest, au profit d’un renforcement des alliances régionales.

Vers une nouvelle ère pour la Francophonie ?

Alors que le Niger et le Burkina Faso s’éloignent de l’OIF, la question de la place de la langue française et de l’influence de l’organisation reste ouverte. La francophonie doit-elle s’adapter à ces nouveaux enjeux politiques ou risquer de perdre des pays membres importants ? Les mois à venir seront cruciaux pour observer l’évolution des relations entre l’OIF et les pays de la région.

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