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Kenya : manifestation de la population pour demander justice à la mort d’Albert Ojwang

Kenya : manifestation de la population pour demander justice à la mort d'Albert Ojwang

Nairobi, la capitale du Kenya, a été le théâtre d’affrontements violents ce jeudi 12 juin 2025. Plusieurs centaines de manifestants se sont rassemblés pour réclamer justice après la mort d’Albert Ojwang, un jeune homme d’une trentaine d’années, décédé en détention dans des circonstances troubles le week-end dernier. La tension est montée rapidement lorsque les forces de l’ordre ont tenté de disperser la foule à coups de gaz lacrymogènes, provoquant une escalade de la colère.

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Une version policière mise en cause par l’autopsie

Les résultats de l’autopsie ont mis à mal la version officielle livrée par la police. Alors que les autorités affirmaient qu’Albert s’était « cogné la tête contre un mur », les médecins légistes ont formellement établi que les blessures de la victime étaient « infligées par une force externe », suggérant clairement des actes de torture. Une divergence qui alimente la suspicion, d’autant que l’enquête ouverte par les autorités n’a toujours pas apaisé les esprits.

« Personne ne mérite ça ! » : le cri des manifestants

Dans les rangs des manifestants, la frustration est palpable. La foule réclame la démission immédiate d’Eliud Lagat, le numéro deux de la police kényane, désigné comme responsable de l’arrestation d’Ojwang. Le jeune homme aurait été arrêté après avoir dénoncé des faits de corruption sur le réseau social X, mettant directement en cause ce haut responsable de la police.
« S’il s’est senti diffamé, il pouvait saisir les tribunaux. Pas orchestrer un passage à tabac », s’indigne Joshua Kimani, manifestant présent dans la marche.

Confiance brisée : « Nous ne croyons plus à la justice officielle »

L’indignation dépasse le seul cas d’Albert Ojwang. Elle renvoie à une défiance plus profonde envers les institutions.
« Nous sommes fatiguées des promesses vides », témoignent Maryanne Kasina et Lennies Sikuku. « L’année dernière, on nous a promis justice après les morts des manifestations. Rien n’a été fait. Aujourd’hui, ils mentent encore. »

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Une répression qui rappelle de douloureux précédents

Les manifestations de jeudi n’ont pas été sans conséquences. Plusieurs personnes ont été blessées, certaines par balles en caoutchouc. Deux véhicules ont été incendiés. Des heurts violents ont éclaté, rappelant les événements tragiques de l’an dernier où plus de 60 personnes avaient perdu la vie lors des protestations anti-gouvernementales, violemment réprimées.

L’avenir en suspens : quelles suites pour l’État de droit au Kenya ?

Malgré les promesses du chef de la police de « sanctions disciplinaires » et celles du président William Ruto d’« une justice rendue », la rue ne semble plus disposée à attendre. Le cas d’Albert Ojwang n’est pas un fait isolé ; il cristallise un sentiment de ras-le-bol face à l’impunité policière et aux dysfonctionnements systémiques.
Un signal fort a été envoyé au pouvoir : la patience populaire a ses limites, et la vérité sur la mort d’un homme peut devenir le déclencheur d’une révolte bien plus large.

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