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Immigration : le gouvernement met fin à une loi facilitant l’obtention de la citoyenneté allemande
Symbole du débat croissant autour de l’immigration en Allemagne, le Bundestag a voté, mercredi 8 octobre 2025, l’abrogation d’une disposition clé de la réforme sur la citoyenneté allemande. Adoptée en 2024 par le précédent gouvernement de centre-gauche, cette loi permettait aux étrangers particulièrement bien intégrés de demander la nationalité allemande après seulement trois ans de résidence.
Cette possibilité, considérée comme un levier pour attirer des talents étrangers et répondre au manque de main-d’œuvre, a été jugée trop permissive par la nouvelle majorité conservatrice.
Une promesse tenue par Friedrich Merz
Arrivé au pouvoir en mai 2025, le chancelier Friedrich Merz, chef du gouvernement de coalition entre conservateurs et sociaux-démocrates, avait fait de l’abrogation de cette naturalisation accélérée l’un de ses engagements de campagne.
Le ministre de l’Intérieur Alexander Dobrindt a justifié cette décision en affirmant que l’objectif était d’envoyer un « signal clair » :
« Le passeport allemand sera attribué en reconnaissance d’une intégration réussie et non pas comme une incitation à l’immigration illégale », a-t-il déclaré devant les députés.
Une ligne plus dure sur l’immigration
Ce durcissement s’inscrit dans une stratégie politique visant à endiguer la montée de l’extrême droite, alors que l’Alternative für Deutschland (AfD) est arrivée deuxième aux élections générales de février dernier. La coalition Merz, soucieuse de montrer sa fermeté, veut reprendre la main sur un sujet qui divise profondément la société allemande.
Sur les 584 députés présents, 450 ont voté pour la suppression de la mesure, dont les élus conservateurs, sociaux-démocrates et ceux de l’AfD. 134 parlementaires, notamment des écologistes, s’y sont opposés.
Des réformes partiellement maintenues
Malgré ce revirement, plusieurs dispositions de la réforme précédente demeurent. Les étrangers pourront toujours acquérir la nationalité après cinq ans de résidence — contre huit auparavant — et la double nationalité reste désormais autorisée dans la plupart des cas.
Le SPD, bien qu’allié minoritaire du gouvernement Merz, a soutenu la suppression de la naturalisation accélérée, arguant que cette procédure « était rarement utilisée » et n’avait qu’un impact marginal sur les chiffres globaux de la citoyenneté.
Un débat symbolique sur l’identité allemande
Au-delà de la question technique, le débat sur la citoyenneté traduit une tension identitaire et politique croissante en Allemagne. Entre besoins économiques et inquiétudes migratoires, le pays cherche un équilibre délicat entre ouverture et contrôle, dans un contexte européen marqué par la montée des populismes.
