Economie
Hôpitaux publics au Togo : plus de 371 millions FCFA au cœur d’un présumé détournement
La gestion financière de certains hôpitaux publics togolais se retrouve une nouvelle fois sous les projecteurs. Invité sur Victoire FM à Lomé, le Secrétaire général du SYNPHOT, Dr Senyo Gilbert Tsolenyanu, a dénoncé un présumé détournement de plus de 371 millions de francs CFA au sein du CHR Kara-Tomdè.
Table of Contents
Selon ses déclarations, un agent comptable de l’établissement aurait soustrait cette somme sur une période estimée entre cinq et sept ans. Ces révélations interviennent dans un contexte déjà marqué par d’importantes tensions financières dans les structures hospitalières publiques.

Un paradoxe en pleine crise budgétaire
D’après le responsable syndical, le centre hospitalier concerné cumule des arriérés de salaires évalués à près de 29 millions FCFA, ainsi que des retards d’avancement pour plusieurs agents.
Pour le SYNPHOT, il est incompréhensible qu’un tel montant puisse être détourné alors que les établissements évoquent un manque de ressources pour assurer le paiement régulier du personnel et améliorer les conditions de travail.
Le syndicaliste rappelle qu’en 2025, un autre cas de détournement dépassant les 100 millions FCFA avait déjà été signalé dans la même structure, laissant planer des interrogations sur l’efficacité des mesures correctives.
LIRE AUSSI : Latékopé : des tranchées abandonnées plongent les riverains dans l’angoisse
Des soupçons dans d’autres hôpitaux
Au-delà du CHR Kara-Tomdè, des soupçons pèseraient également sur d’autres centres hospitaliers, notamment le CHR d’Atakpamé, où des vérifications seraient en cours.
Le SYNPHOT plaide pour que toute la lumière soit faite sur ces affaires afin de restaurer la confiance dans la gestion des hôpitaux publics.
Des soignants sous pression
Sur le terrain, la situation reste tendue. Le Dr Tsolenyanu évoque des équipes médicales débordées, confrontées à un manque de personnel, à des plateaux techniques insuffisants et à une forte pression des usagers.
Selon lui, la question de l’accueil des patients ne peut être dissociée des conditions de travail. Il estime qu’une amélioration durable du service passe par un renforcement des effectifs et des moyens logistiques.
Les césariennes gratuites et les retards de remboursement
Autre sujet d’inquiétude : le remboursement des césariennes prises en charge par l’État. D’après les informations relayées par le syndicat, plusieurs hôpitaux accusent des retards de paiement cumulés sur plusieurs années, pour des montants qui dépasseraient le milliard de FCFA.
Ces retards fragiliseraient davantage des établissements déjà confrontés à des difficultés financières.
Des mécanismes de contrôle remis en question
La révélation de ce présumé détournement soulève également des interrogations sur l’efficacité des audits annuels menés par le ministère des Finances, dirigé par Essowè Barcola.
Malgré les dispositifs de contrôle en place, aucune anomalie majeure n’aurait été détectée jusque-là, ce qui alimente le débat sur la nécessité de renforcer les mécanismes internes de prévention.
La Haute Autorité de Prévention et de Lutte contre la Corruption (HAPLUCIA) est également citée comme un acteur clé dans la lutte contre les malversations financières.
Un défi pour la gouvernance publique
Ces révélations interviennent alors que le Président du Conseil, Faure Essozimna Gnassingbé, a fait du renforcement de la gouvernance et de la modernisation des services publics une priorité.
Pour les praticiens hospitaliers, il devient urgent de restaurer la transparence dans la gestion des finances publiques afin d’éviter que de tels scandales ne se répètent et ne compromettent davantage un système de santé déjà fragilisé.
Les autorités compétentes ne se sont pas encore officiellement prononcées sur ces allégations.
Rejoindre notre communauté WhatsApp pour ne rien manquer.

