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Goma sous tension : La MONUSCO en zone hostile , mission de paix ou mission impossible ?

Goma sous tension : La MONUSCO en zone hostile , mission de paix ou mission impossible ?

Goma, ville stratégique de l’est de la République démocratique du Congo, a reçu ce jeudi 12 juin la visite de Bintou Keita, cheffe de la Mission des Nations Unies pour la stabilisation en RDC (Monusco). Une visite attendue, presque cinq mois après la prise de contrôle de la ville par les forces de l’AFC/M23, appuyées militairement par le Rwanda.

manifestations

Cette mission intervient dans un contexte explosif, à la veille du prochain rapport de Keita devant le Conseil de sécurité prévu pour le 27 juin. Le déplacement, hautement symbolique et politique, vise à évaluer les conditions sur le terrain et à renouer un dialogue suspendu, mais jamais totalement rompu.

Un rapport accablant pour l’AFC/M23

Cette visite fait suite à la publication du rapport mensuel du Bureau conjoint des Nations unies aux droits de l’homme, document qui met sévèrement en cause l’AFC/M23. Selon ce rapport, la majorité des violations des droits humains enregistrées en avril dernier sont attribuées à ce groupe armé, régulièrement accusé d’exactions, de déplacements forcés de population, et de pressions systématiques dans les zones occupées.

L’armée rwandaise, considérée comme un soutien logistique et opérationnel du M23, est également citée dans ces accusations. Les Wazalendo, des groupes armés favorables au gouvernement congolais, arrivent en deuxième position des responsables présumés de ces violations.

Dialogue difficile, mais pas rompu

Les relations entre la Monusco et l’AFC/M23 sont historiquement tendues. Certains cadres du groupe armé continuent de considérer la Monusco comme une force ennemie ayant échoué à défendre les positions de l’armée congolaise. Cette perception explique les restrictions imposées à la mission onusienne dans plusieurs zones sous contrôle rebelle.

Bintou Keita avait déjà, il y a deux mois, dénoncé devant le Conseil de sécurité les barrages, l’obligation de préavis de 48 heures pour les déplacements, ainsi que les entraves à l’acheminement de l’aide humanitaire. Toutefois, ces dernières semaines, certains verrous ont été levés, permettant notamment à la mission de réapprovisionner ses bases autour de Goma, avec l’appui de ses propres unités militaires.

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Enjeux diplomatiques à l’approche du 27 juin

Cette visite, à moins de deux semaines de la présentation du rapport de Bintou Keita à New York, est perçue comme un signal fort de la part des Nations Unies. Elle témoigne de la volonté de maintenir un canal diplomatique ouvert, malgré un terrain largement dominé par les groupes armés et une population civile sous pression.

Elle permet également de réaffirmer la présence symbolique et opérationnelle de la Monusco à l’est du pays, alors même que la mission s’inscrit dans une phase de retrait progressif, conformément à la feuille de route négociée avec Kinshasa.

Une visite pour peser ou pour constater l’impuissance ?

La question reste posée : cette visite marquera-t-elle un véritable tournant dans la gestion de la crise à Goma, ou s’agit-il d’une simple tentative de sauver les apparences avant un rapport attendu au Conseil de sécurité ? Ce qui est certain, c’est que le terrain congolais reste l’un des plus complexes pour les missions de maintien de la paix de l’ONU. Et que la voix des populations civiles, souvent réduites au silence par la peur, reste la grande absente des négociations.

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