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Ghana : Enceinte et abandonnée par un ressortissant chinois, une jeune femme lance un appel à l’aide
Ghana, l’histoire de Selina Adu Gyamfi bouleverse les consciences. Cette jeune femme, aujourd’hui enceinte et livrée à elle-même, a partagé publiquement son calvaire à travers une interview poignante sur la station Nyira FM, révélant les conséquences humaines dramatiques de l’exploitation minière illégale menée par des ressortissants étrangers, notamment chinois.

Son témoignage met en lumière une réalité complexe et souvent tue : celle de femmes locales séduites puis abandonnées par des travailleurs étrangers venus exploiter les ressources minières du pays, sans réelle attache, ni responsabilité sociale.
De l’espoir à la détresse : un amour éphémère
Selina raconte avec émotion comment sa relation avec Leon, un ressortissant chinois impliqué dans le galamsey (exploitation minière illégale), avait commencé sur fond de promesses et de générosité. « Il me donnait souvent 1 000 ₵ par semaine ou 500 ₵ tous les trois jours », confie-t-elle. Pour elle, leur histoire était sérieuse, et elle envisageait un avenir avec lui. Mais cet avenir a été brutalement interrompu.
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Lorsque Leon et ses collègues quittèrent précipitamment la ville, Selina n’avait pas encore conscience d’être enceinte. Ce n’est que deux mois plus tard que la jeune femme a découvert sa grossesse. Espérant une réaction positive, elle informa Leon, qui, dans un premier temps, s’est montré heureux de la nouvelle. Mais rapidement, son comportement a changé.
Silence, blocage et disparition
« Il a commencé à m’éviter, puis il m’a bloquée partout », raconte Selina, les larmes aux yeux. La douleur de l’abandon s’est ajoutée aux difficultés de la grossesse. Ne sachant plus à qui s’adresser, elle a porté l’affaire devant la police locale, qui a brièvement arrêté Leon. Mais ce dernier a été rapidement libéré, et depuis, plus aucune trace de lui.
L’absence de poursuites concrètes, malgré le signalement, interroge sur l’efficacité du système judiciaire face aux délits transfrontaliers impliquant des étrangers. Selina, elle, se bat aujourd’hui seule pour assurer l’avenir de son enfant, sans soutien, sans repère, sans ressources.
Un cri d’alerte au public et aux autorités
Aujourd’hui, Selina lance un appel à l’aide, espérant retrouver Leon ou interpeller les autorités sur la nécessité d’un encadrement plus strict des travailleurs étrangers. Elle demande le soutien du public pour retrouver celui qui l’a abandonnée et appelle l’État à protéger les jeunes femmes souvent vulnérables dans ces situations.

Son histoire soulève des questions sociales et juridiques fondamentales. Quelle responsabilité pour les entreprises ou les groupes de mineurs étrangers opérant sur le sol ghanéen ? Quels dispositifs pour protéger les citoyennes locales victimes de telles situations ? Et surtout, comment faire en sorte que des cas comme celui de Selina ne deviennent pas la norme dans les zones minières ?
Une réalité plus large : les femmes oubliées du galamsey
Le cas de Selina n’est malheureusement pas isolé. De nombreuses femmes dans les zones aurifères du Ghana vivent des expériences similaires, entre séduction, promesses et abandon. Ces relations, souvent déséquilibrées, finissent par exacerber la précarité sociale, avec à la clé des grossesses non désirées, des enfants sans soutien paternel, et une détresse psychologique profonde.
La question du galamsey dépasse donc largement la simple problématique environnementale. Elle devient un enjeu humain, où les femmes sont souvent les premières victimes invisibles de l’exploitation minière anarchique.
Une réponse attendue
Selina, désormais mère en devenir, incarne un appel à la justice sociale et à la solidarité nationale. Elle ne cherche pas seulement le père de son enfant. Elle réclame reconnaissance, respect et dignité. Son histoire doit interpeller les autorités locales, les défenseurs des droits des femmes et la société ghanéenne toute entière.
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